22 avril 2008

Une histoire de bonobos ?

Accouplement Samedi dernier, un dirigeant d'une grande chaîne de télévision a été mis en examen pour homicide involontaire. Il a été placé sous contrôle judiciaire après la mort à son domicile - vraisemblablement due à une overdose - d'un homme avec qui il avait passé la soirée en compagnie d'une troisième personne. La victime était le Directeur de  Cabinet d'un ministre et il aurait succombé à une crise cardiaque à la suite d'une partie fine au cours de laquelle il aurait consommé des produits stupéfiants. De la cocaïne et du GHB, ou « drogue du violeur », auraient été retrouvés dans l'appartement.

Cette sombre affaire révélée par le Le Point.fr  et qui a déjà quelque peu mobilisé la toile, n’a suscité que quelques brèves dans la presse. Etrange pour une affaire qui conjugue pouvoir et sexe les deux mamelles de l’audience populaire !

Est-ce – à dire que ces parties fines sont suffisamment courantes pour ne plus intéresser l’opinion ? Pas sûr.
L’omerta a dû jouer à plein. La force de frappe et de pression de TF1 et de ses alliés de presse écrite s’est révélée efficace.
Ceci étant cette histoire relève de la vie privée, et à ce titre, la presse française, à la différence de ses confrères anglo-saxons est toujours plus réticente à  couvrir ce type de sujet. On ne peut l’en blâmer.

Cette affaire qui fait écho au scandale du banquier Edouard Stern, décédé lui aussi dans des conditions quelque peu sulfureuses, nous rappelle combien pouvoir et sexe font bon ménage.
Les primatologues le savent bien, c’est le sexe qui est le moteur principal du pouvoir. Le pouvoir permet d’assouvir ce besoin de séduire et de se reproduire puisque selon la loi primate, le pouvoir de séduction des mâles augmente au fur et à mesure de leur progression dans l’échelle sociale. Le premier privilège du chef est de pouvoir séduire plus de femelles que ses subordonnées et qui plus est, les plus sexy (selon les critères des singes) et les plus courtisées.

On ne s’étonnera pas que nos dirigeants et hommes de pouvoir soient réputés séducteurs, tombeurs…qu’ils soient petits, bedonnants ou vieux, peu importe. Dans notre imaginaire collectif, le chef est un séducteur, donc son grand appétit sexuel ne nous choque guère.

Ce qui est plus étonnant c’est l’attirance de certains hommes de pouvoir pour des jeux sexuels un petit peu moins « dans la norme ».
Parties fines entre partenaires du même sexe, recours à des drogues, séances de SM, échangisme…
Là encore on n’a rien inventé, si les singes Bonobos ne se droguent pas (à ma connaissance), ils ne s’interdisent aucun jeu sexuel. Ce qui leur permet  de prendre du plaisir et de libérer des tensions tout en confortant les liens sociaux au sein de la tribu.

Copulation entre deux Bonobos pendus par les pieds, frottement de pénis de deux mâles face à face suspendus à une branche comme s’ils croisaient l’épée, frottement génito-génital de femelles, croupe à croupe (rump-rump) entre mâles…activité sexuelle à plusieurs tous sexes confondus, les bonobos rivalisent d’imagination pour pimenter leur vie sexuelle comme le raconte Frans de Waal dans "Le Singe en nous".

Que recherchent ces hommes de pouvoir quand ils cèdent à leurs pulsions primates ? libérer, à l’instar des bonobos, des tensions qui sont particulièrement fortes dans la sphère du pouvoir ?

Mais là où leurs cousins singes savourent l’activité sexuelle qui reste d’abord un jeu, chez nous, le jeu prend une tournure souvent plus violente et plus sombre. Avec parfois des chutes malheureuses.

18 avril 2008

Du rififi chez les femelles au pouvoir

398_2 Au cours des dernières semaines, les subordonnés de la tribu Sarkozy, les femelles en particulier, se sont permis de bafouer l’autorité de leur chef.

Certaines ont carrément poussé un grand coup de gueule contre le gouvernement, en exprimant leur désaccord sur le projet de « plan banlieues  » pour Fadéla Amara, le projet de loi sur les OGM pour Nathalie Kosciusko Morizet.
D’autres ont pris des initiatives sans en référer au préalable au grand chef :  Roselyne Bachelot annonce l’enterrement de la carte « famille nombreuse » ressuscité par Sarko le lendemain tandis-que Yama Rade pose des conditions à la présence de Sarkozy aux JO.

A ces actes d’indépendance, il faut ajouter quelques réflexions maladroites dégradantes pour l’image de leurs supérieurs: l’un sentirait des pieds et ronflerait, un autre serait coupable de lâcheté…

Sarkozy ne pouvait pas rester inactif.Le singe qui est en lui s’est alors réveillé.
Que certaines personnes contestent son autorité, c’est déjà grave mais lorsque ces personnes s’avèrent être des femelles, c’est pire.

Chez les bonobos, quand les femelles organisent une coalition anti-chef, ce dernier peut déjà faire ses valises, ses jours sont comptés.

Comment réagit un chef primate dont l’autorité est bafouée ?



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14 avril 2008

La morale pour diversion ?

H2011749191206952411 Un chimpanzé est capable de faire croire qu’un prédateur menace la tribu pour détourner l’attention du dominant, et faire ce que bon lui semble. Il a inventé la stratégie de diversion, bien avant nous et bien avant nos hommes politiques qui en font un usage de plus en plus fréquent.

En témoigne notre Président, Nicolas Sarkozy, qui n’a pas trouvé mieux que la diversion pour limiter les descentes dans la rue et les émeutes. Il en utilise toutes les ficelles : la diversion par le rêve cf La Fée Carla  et la diversion par la peur.

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11 avril 2008

Un simulacre de réconciliation

5f732964066f11ddb132aaff7c4f1de0_2 Chez les chimpanzés, après un conflit, les protagonistes ont  en général à cœur de se réconcilier. C’est un moyen d’assurer la paix et par conséquent la pérennité de la tribu. En effet quand les conflits sont trop fréquents au sein des dominants, la troupe est plus vulnérable par rapport aux prédateurs et aux autres communautés de singes rivales.

Plusieurs techniques de réconciliation sont possibles selon le degré de proximité des rivaux.

S’ils sont très proches, ils pratiquent la réconciliation explicite qui consiste à mettre en scène de manière visible voire spectaculaire l’amitié qui les unit.  Chez les chimpanzés, les ex rivaux, s’embrassent, multiplient les accolades et les séances de Grooming
Les Bonobos, quant à eux, sont des adeptes de la copulation pour se réconcilier et c’est encore plus efficace, c’est d’ailleurs l’espèce de singes de loin la plus pacifique.

Quand les protagonistes ne sont pas des amis, ils se réconcilient de manière implicite. Ils se contentent de reprendre leur relation là où ils l’avaient laissée avant le conflit. Ils sont capables de recourir à des stratagèmes afin de trouver un prétexte pour reprendre contact au sens propre et physique du terme (se toucher à nouveau).  Ainsi le primatologue F De Waal  a surpris un chimpanzé feindre de découvrir une mouche sur l’épaule de son rival pour pouvoir toucher à nouveau son collègue de la main, sous prétexte de le débarrasser de l’intruse ! 

Après le conflit largement médiatisé qui a opposé Nathalie Kosciusko-Morizet à Jean-Louis Borloo et Jean-François Copé, on pouvait s’attendre à une réconciliation  au moins aussi médiatique. C’est le prix à payer pour que la tribu « Sarkozy » projette une image de cohésion.

Que nenni, nous avons été privés du spectacle des retrouvailles !

Visiblement les protagonistes ont pratiqué la réconciliation implicite (pas d’accolade, d’embrassades…) confirmant ainsi que le lien qui lie la Secrétaire d’Etat à ses collègues est plutôt « faible ». Ils ne sont pas proches, c’est clair.
La présumée coupable s’est fendue d’un communiqué d’excuses sous la pression du grand Chef, F Fillon. Tandis-que  les offensés ont tout juste accusé réception de ses excuses mais sans lui exprimer directement leur pardon. Ils ont préféré déléguer leur pardon au Premier Ministre.

En effet, c’est François Fillon, qui  s’est exprimé au nom des offensés : « l’affaire est close ». 
Il n’est pas rare, chez les singes, que le  chef  intervienne comme  go-between afin de faciliter la réconciliation. Mais même dans ce cas, les protagonistes finissent toujours par communiquer directement, se « parler » et se toucher et surtout se regarder. Car quand on parvient à nouveau à se regarder en face, sans s’agresser, cela signifie que l’affaire est vraiment close.

Dans le cas présent, Nathalie Kosciusko-Morizet comme ses rivaux ont préféré éviter tout contact et ont veillé à ne pas croiser leur regard. Pour éviter de croiser le fer ?
C’est vrai que les humains ont inventé, l’écrit, qui leur permet de communiquer à distance, c’est bien pratique certes, mais on s’éloigne alors du rituel primate de réconciliation.

S’excuser ou pardonner par voie d’un communiqué de presse ou d’une interview radio, n’est certainement pas aussi efficace, qu’une brève étreinte des protagonistes et même qu’un échange de mots sympathiques (grooming oral).

Dans la foulée, la présumée coupable a été sanctionnée, privée de sortie en compagnie du Premier Ministre au Japon. Visiblement F Fillon redoutait que JL Borloo et la Secrétaire d’Etat se retrouvent à nouveau face à face pendant le voyage.
En langage primate, cela veut dire que la situation n’est pas redevenue normale puisque la protagoniste est en quarantaine et n’est plus autorisée à s’afficher aux côtés du chef.
On a donc assisté à une réconciliation de dupes, chez les singes, ce type de réconciliation n’aurait aucune valeur, elle signifierait que les protagonistes sont toujours fâchés. 

C’est dommage, ce voyage aurait peu être l’occasion de mettre en scène la réconciliation, avec la diffusion des images des protagonistes, côte à côte dans l’avion. Alors que là, la sanction à elle seule, discrédite le discours de réconciliation et de pardon tenu par F Fillon et au lieu de clore l’incident, elle continue à alimenter la rumeur de mésentente profonde.

De ce point de vue, le conflit entre Rachida Dati et JL Borloo et oui toujours lui a été mieux géré.
Après avoir reproché, publiquement, à JL Borloo ses ronflements et ses odeurs de pied une réflexion digne d’une cour de récréation, Rachida Dati, a présenté très rapidement ses excuses, sans que le chef de l’état n’ait besoin d’intervenir. Elle s’est excusée avec des mots à elles, à priori plutôt sincères.  JL Borloo ne s’est pas limité à accepter ses excuses, il a présenté les siennes, pour l’avoir privé d’un bon sommeil et s’est même fendu d’un joli bouquet.

Ainsi, le rituel de réconciliation primates a été tout à fait respecté, et dans l’esprit de l’opinion, au moins, le différent entre les deux protagonistes est clos.

10 avril 2008

La Fée Carla

H311068931204306048 « Du pain et des jeux » tels sont les besoins fondamentaux du peuple que les empereurs romains s’attachaient à satisfaire pour éviter les émeutes.
Cela paraît simple de satisfaire un peuple et pourtant aujourd’hui, au rythme auquel augmentent le prix du blé, des matières premières et l’inflation en général, le spectre de la famine n’est pas loin. A la différence de ses prédécesseurs romains, Nicolas Sarkozy, n’a plus les moyens d’organiser des distributions gratuites de petits pains aux pauvres. Les caisses sont vides.
Le développement des jeux vidéo et des grands rendez vous sportifs, tels que les Jeux Olympiques... ne suffisent pas à faire oublier le prix du pain.
On ne peut pas jouer tout le temps, il y a bien un moment où l’on doit penser et c’est là que le  peuple peut se rebiffer.

« Faute de grives, on plante des piquets de grève », c’est le risque que le gouvernement semble le plus redouter aujourd’hui.

La stratégie de diversion apparaît alors  comme « the solution ». Nos amis singes le savent bien. Le primatologue Franz de Waal a souvent observé ces  comportements de diversion, comme ce chimpanzé « subordonné » qui indiquait à la troupe un danger dans une direction éloignée (danger qu’il avait inventé de toutes pièces). Ce faisant il orientait l’attention du groupe sur cette menace virtuelle, ce qui lui permettait de copuler en toute quiétude et dans la plus grande discrétion, avec la femelle préférée du dominant.
Confronté à la crise, à une menace de descente dans la rue, Sarkozy et sa troupe, en bons primates utilisent eux-aussi toutes les ficelles de la diversion.

Dans sa dimension positive tout d’abord : on peut faire diversion en racontant de belles histoires. Par exemple l’histoire de la fée Carla Bruni qui d’un coup de baguette a relégué le divorce du chef de l’état dans les oubliettes de l’histoire. Depuis quelques semaines, on vit par procuration la vie de princesse. Tout y est, les châteaux (en Angleterre), les princes, les reines, les belles robes et les bijoux…et la magie opère. Déjà une bonne partie de l’opinion internationale est tombée sous le charme de notre princesse et de son prince et la France ne serait pas loin de succomber.

Les médias exultent, ils ont peut-être trouvé leur  Diana qui va doper leur audience. Auraient-ils passé un pacte secret avec Sarkozy ? A lui la diversion par le divertissement, à eux, les records d’audience.

07 avril 2008

Le Bling Bling primate

Sarkozybreguetreveildutsar Non, le Bling Bling n’est pas l’apanage de Sarkozy de certains hommes de pouvoir. Il trouve ses racines dans notre nature de primate.

Chez les chimpanzés, cas assez exceptionnel dans le monde des singes, un individu de petite complexion (mais néanmoins pas complexé) peut tout à fait accéder au pouvoir, à la place de numéro 1. C’est rare, mais cela arrive.
En fait il semblerait que plus les espèces sont évoluées, moins les attributs physiques comptent dans la dominance. C’est le cas du chimpanzé.
Pour parvenir à ses fins, néanmoins, « le p’tit  » doit se donner plus de mal que ses pairs dotés d’une belle carrure. Il doit en faire des tonnes pour se faire repérer, pour séduire le maximum de membres au sein de  sa tribu, les  convaincre de le suivre et pour asseoir son autorité.

En général si le chef primate n’est pas l’individu le plus grand ni le plus fort de la tribu, il se comporte de manière à être le plus visible et le plus impressionnant voire parfois le plus intimidant.
Il est expert dans l’art d’attirer l’attention de la troupe en lançant des pierres, le plus loin possible, et de préférence des pierres imposantes. Une manière de démontrer sa force et sa capacité de manier ces armes potentielles avec dextérité.

De même il est habile dans l’art de secouer les branches d’arbres, des branches géantes, bien sûr. L’objectif étant de faire le maximum de bruit et de remuer le maximum d’air.
Ses cris sont en général très sonores, très puissants.  Il faut dire que la « voix » est importante chez les singes, chez certaines espèces comme les Gibbons, le « cri puissant » est même la marque distinctive du dominant.

Selon la primatologue réputée, Jane Goodall, le fait que Mike un chimpanzé candidat au pouvoir, ait eu l’idée de se servir de bidons d’essence vides pour se faire entendre et se faire remarquer, a largement  contribué à son « élection » à la tête de la tribu.
Ce jeune chimpanzé ne s’est pas séparé de son bidon pendant toute la période de conquête du pouvoir, il grimpait dessus pour se grandir, l’utilisait comme caisse de résonance pour se faire entendre de loin.

Quand ce n’est pas un objet qu’il exploite, le postulant au statut de leader, augmente sa visibilité en adoptant des postures particulières. 
Ses bras sont souvent levés au ciel et rarement repliés ou croisés, histoire de « se grandir ». De plus, il se déplace fréquemment debout, le buste dressé, et en présence des autres, il bombe le torse.

Il semblerait que le comportement de Sarkozy ne soit pas si éloigné de celui de Mike qui a su se rendre plus visible et plus « sonore » pendant la " campagne électorale".

Ils ont en commun certaines parades telles que les nombreuses gesticulations, les grands moulinets de bras, le bomber de torse et de fréquents coups de gueule.

Certes, quand notre cousin singe utilise des bidons, des pierres et secoue des branches pour compenser son handicap de carrure et attirer l’attention de sa troupe, notre chef primate humain à nous, grimpe sur ses talonnettes, abuse de son arme fatale de communication (le portable) et monopolise les micros des médias… 
Et là où son cousin s’affiche avec la plus grosse pierre, la plus grande branche et le bidon le plus imposant, Sarkozy, s’affiche avec sa Rolex, ses lunettes Ray Ban, et désormais avec sa superbe femme top model, le top  du « bling bling » primate.

Là où ils se différencient vraiment, c’est dans leur comportement après la prise du pouvoir .
Une fois assis sur le trône, le chef singe modifie son comportement.
Désormais, il dispose de la couronne, il peut s’appuyer sur ses alliés, voire charger un numéro deux        de « pousser les coups de gueule » pour lui désormais.
Il peut redevenir plus calme, plus serein se contentant de brèves démonstrations de puissance, de temps à autre, quand même, histoire de conforter son autorité.

La parade du pouvoir ne peut qu’être limitée dans le temps. Trop de parades nuit à la crédibilité du chef. Une fois au pouvoir, le dominant  a des missions plus importantes que de secouer des branches ou de monter sur des bidons d’essence.

Visiblement suite à la chute de sa popularité, notre Président semble avoir entendu les voix de la sagesse primate, puisqu’il semble vouloir renoncer à ses habitudes Bling Bling (à l’exception de sa femme, accessoirement chargée de le Déblinguiser en douceur) et à la parade du pouvoir.

Ceci étant, ne nous y trompons pas, si la parade qui accompagne la "campagne électorale" n’a plus de raison d’être, cela ne veut pas dire qu’il n’y ait plus de parade du tout. Mais que désormais Sarkozy doit parader en vrai chef de tribu, et cela est une autre histoire, dont on parlera prochainement.

02 avril 2008

Facebook n'a plus le vent en poupe !

266pxfacebook_logosvg_2 La sentence vient de tomber de l'autre côté de la Manche, Facebook, le réseau social qui tient la vedette depuis plusieurs mois, aurait perdu de sa superbe.                         

Une étude Nielsen annonce une baisse de fréquentation de Facebook en Angleterre de 5 %.
N'en déplaise à Monsieur Zuckerberg qui revendique toujours une croissance du nombre de "visiteurs actifs" introduisant ainsi un nouveau critère (visiteur actif)pour masquer les premiers signaux de faiblesse de son réseau ce recul, aussi léger soit-il, n'est pas anodin.

Il représente peut être le " faible signal" annonçant une dynamique à la baisse de ce réseau. Sa cote d'amour commencerait donc à fléchir.

La popularité et le développement exponentiel de ce réseau social pourraient expliquer paradoxalement ce retournement de tendance. Facebook était un moyen de se distinguer et de renforcer son sentiment d’appartenance à une tribu d’internautes "hype".

Aujourd’hui avec plus de 30 millions de membres, traduit  dans de multiples langues, il est devenu un réseau grand public. En faire partie, devient donc banal.

 
De là, à prédire la mort des réseaux sociaux, il y a un fossé.

Le désamour soudain  pour Second life, n’a pas sonné la mort de cet univers virtuel mais surtout il s’est inscrit dans une dynamique forte de développement de nouveaux univers virtuels.

De la même façon, au moment où Facebook perd sa dimension « hype », d’autres réseaux sociaux se créent, plus de 2 à 3 chaque jour. Des réseaux de plus en plus ciblés sur certains profils d’internautes.
Cela correspond à l’évolution naturelle de tout nouveau média : de nouveaux médias se créent, ils se spécialisent, se segmentent comme on dit en jargon publicitaire.

Les réseaux sociaux ont peu de chances de disparaître dans la mesure où ils répondent ils donnent l’illusion de répondre en partie à nos appétits sociaux,cf ma note sur le sujet.
Tant que nous aurons l’espoir de renforcer ou de créer de nouveaux liens au sein de notre tribu familiale, sociale ou professionnelle, nous ne sommes pas prêts à renoncer à ces réseaux virtuels.

Et c’est vrai qu’on peut espérer que plus ces réseaux seront segmentés, ciblés, plus il sera facile de franchir le mur du virtuel, et de passer à l’acte : la rencontre.

01 avril 2008

Peut mieux faire

Pt_maree_noire02 Les dirigeants de Total viennent de présenter les résultats de l’enquête interne qui a été menée suite à la pollution dans la Loire, dimanche 17 mars.
J’ai suffisamment dénoncé la réaction des majors du CAC  40 en matière de gestion de crise pour ne pas saluer l’effort de Total pour gérer au mieux ce nouvel « accident ».

Dès que Total a pris la mesure du problème, ils ont communiqué largement et surtout ils ont immédiatement reconnu leur responsabilité morale.
En effet, ils ont admis que la pollution était liée à une fuite, de leur fait. Ils ont présenté leurs excuses, en promettant de prendre à leur charge tous les coûts engendrés par cette catastrophe pas du tout naturelle.
Et surtout, ils ont mobilisé 200 personnes sur le site, pour essayer de réduire les dégâts liés à cette pollution.
L’argent c’est bien mais cela ne suffit pas. Aux yeux de l’opinion et de ses relais, les médias, il est important de donner de sa personne, de prêter main forte et  de se retrousser les manches.
Le spectacle de cette mobilisation collective montre que chez Total, on se sent responsable et l’on éprouve un sentiment de culpabilité.  Total exprime ainsi la volonté de "réparer le mal "  que l’on a fait.
C’est une réaction très humaine tout simplement, mais qu’on a souvent du mal à adopter en cas de crise, où les enjeux juridiques et financiers prédominent en général.

Résultat, cette nouvelle affaire de pollution, n’a pour le moment pas fait grand bruit

Cependant, Total n’a pas encore réalisé un sans faute en communication et encore moins dans sa manière de gérer ses risques de pollution.

En effet, entre la découverte de la pollution et le moment où Total a communiqué, il s’est écoulé 2 jours, c’est beaucoup. D’ailleurs cela fait partie des reproches que le Ministre de l'Ecologie a adressés à Total.
Il est probable, comme c’est souvent le cas, que les dirigeants n’ont pas bien pris la mesure du problème au départ. Le sentiment de culpabilité qui anime les équipes de base, explique souvent la lenteur de remontée d’une information « critique »  tout comme la tendance du management à minimiser les risques par crainte d’avoir à porter la mauvaise nouvelle à leur hiérarchie.

Autre point critiquable, le choix d’une argumentation qui consiste à reconnaître qu’on est responsable mais pas coupable…
Cette petite musique, on commence à la connaître, il n’y a pas longtemps, la Société Générale l’a fredonnée, les contrôles n’ont pas fonctionné, c’est la faute à « pas de chance » ou à un génie qui a su les contourner » mais la banque n’a pas remis (pour le moment)en cause la qualité de ses contrôles. 

Là c’est pareil, on veut bien reconnaître qu’une fuite est à l’origine de la pollution, mais sans admettre de faute ou de négligence. Certes, Total reconnaît quand même « qu’on ne peut pas résumer cet accident à de la malchance mais il n’y a pas eu pour autant négligence ». Ah bon !

Mais alors pourquoi décider aujourd’hui de renforcer les contrôles, d’installer un système automatique pour détecter les éventuelles fuites ! C’est reconnaître que les solutions techniques existaient et qu’il suffisait de décider de les mettre en place !

On va peut-être réussir à s’inscrire dans le cercle  vertueux de la communication. Pour échapper aux campagnes médiatiques ou pire sur le web, les entreprises sont contraintes de plus en plus à faire acte de transparence et à assumer leur responsabilité au moins morale. Et pour développer un argumentaire irréfutable, elles sont obligées en amont de prendre plus de précautions en termes de process de qualité, de contrôle, choix des fournisseurs…histoire que la communication s'appuie sur des actes concrets.

28 mars 2008

Marche à reculons !

250px-Scarabaeus_laticollis_2 On a coutume d’évoquer les grands pas de l’humanité, pourtant l’actualité nous laisse quelque peu perplexes, on a plutôt le sentiment de grands pas …en arrière.

Nos dirigeants donnent l’exemple, avec notre président, qui, en bon primate, a recours à une ficelle politique très répandue chez les chimpanzés. Quand le chef se sent menacé dans son statut,  il nomme un numéro 3. Ce numéro 3 représente un contre - pouvoir à un numéro 2 trop populaire.

Les sondages ont parlé, Fillon est très populaire, il fallait faire monter un homme fort, pour faire contre-poids et par la même, faire contre poids à un autre numéro 2, le chef de l’UMP, Patrick Devedjian. En nommant Xavier Bertrand, Secrétaire Adjoint à l’UMP, Sarkozy a réalisé un « 2 en 1 », c’est malin.
Mais attention, à ce nouvel homme fort, le fait que grâce à lui, Sarkozy espère réaffirmer son autorité, tant à la tête du gouvernement qu’à celle de l’UMP,   lui confère beaucoup de pouvoir. Il y a fort à parier que d’ici quelques mois, s’il réussit dans sa tâche, on lui   "adjoindra" son propre numéro 2 !

Autre grand pas …en arrière, les hommes consomment de plus en plus leurs excréments et leurs déchets dans leur alimentation. Serions nous en train de nous transformer en « primate coprophage », à la manière du bousier bien connu de nos forêts ?
Après l’affaire des farines alimentaires qui nous a permis de découvrir que nos volailles s’engraissaient avec nos et leurs propres déchets.
Mardi, nous apprenions que les steack hachés qui sont censés aidé nos enfants à bien grandir, sont contaminés par des excrèments de bovins !
Aujourd’hui nous découvrons que les bufflones italiennes broutent dans des champs qui baignent dans la dioxine en raison de nos déchets qui s’amoncellent depuis 14 ans sur ces terres !
Quand un singe commence à consommer ses excréments ou ceux de ses pairs, c’est qu’il va mal, très mal, qu’il pète les plombs à force d’être condamné à tourner en rond dans une cage de 60 cm…
Est ce que nous commencerions nous aussi à tourner en rond, à ne tourner pas rond, serait-ce le signe d’un profond mal être de notre société ?

26 mars 2008

Viande contaminée, pas de panique !

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La nouvelle est tombée hier entre la découverte d’un bébé dans un congélateur, un chauffeur d’Emmaüs ivre, la visite de Sarkozy chez la Reine d’Angleterre et la menace de boycott aux JO, on apprend que  2,3 tonnes de viande hachée mise en vente depuis plus de 10 jours donc visiblement déjà consommée, était contaminée avec la bactérie E. Coli qui provoque des gastro entérites (voire de sévères problèmes rénaux ).
Force est de constater que l‘annonce n’a guère ému dans les chaumières et encore moins les leaders d’opinion, souvent prompts à crier au scandale.
Comment expliquer l’inertie de l’opinion sur le sujet ?

Accoutumance au risque de santé publique  et relativisation du risque

Les crises de santé publique se multiplient depuis quelques années, à cela il faut ajouter le risque de terrorisme, les menaces écologiques…. l’opinion semble se familiariser avec l’idée que le risque zéro n’existe pas, surtout quand ce risque est acceptable (comparé aux autres affaires, "la viande  contaminée" est une "petite crise").
C’est un peu ce qu’exprime Benoît interviewé par Ouest France : « C’est un cycle qui se répète, il y a eu la vache folle, la grippe aviaire, la tremblante des moutons, les alertes reviennent sans cesse, maintenant si on cède là à psychose, on ne fait plus rien ».
Et  c’est vrai qu’aujourd’hui, l’info a déjà quitté la une des médias, il faut dire qu’une autre affaire, oh combien plus médiatique « hits the papers » ce matin : le professeur Job, dans le procès de l’hormone de croissance, demande pardon.
Une crise en chasse une autre, c’est bien connu.
Mais cette accoutumance aux risques, en tout cas, aux moins graves, n’explique pas tout.

Une communication de crise plutôt bien gérée

Les sociétés concernées, Carrefour, Monoprix et le fournisseur, la Socopa ont plutôt bien géré leur communication de crise :

-    Un discours cohérent, visiblement concerté : en cas de crise, souvent les différents protagonistes ont tendance à développer leur propre argumentaire, histoire de sauver leur peau, en oubliant les autres acteurs de l’affaire.  Ici ce n’est pas le cas, aucun acteur n’a décrédibilisé l’argumentaire de l’autre, ils ont communiqué selon le même timing, avec le même argumentaire.

-    Ils ont plutôt « dédramatisé » l’affaire en minimisant les risques, le terme de gastro- entérite banalise le risque de santé. Dans notre inconscient collectif on n’en meurt pas, à la différence de « la vache folle, la grippe aviaire » qui évoquent des maladies inconnues, au nom barbare. Et même si en réalité, le problème peut être grave pour les personnes fragiles (enfants, personnes âgées), il est à peine évoqué.

-    Ils ont démontré leur bonne foi :

•    Les distributeurs :  dès qu’ils ont été informés du problème, quand leur fournisseur les a officiellement alertés, ils ont immédiatement informé leur client, même si à priori la viande en question était déjà consommée, il n’était pas trop tard pour ceux qui auraient congelé la viande hachée.

•    La Socopa : elle a alerté ses clients sitôt après avoir eu connaissance des conclusions de l’enquête du laboratoire qui fait autorité au niveau national. Pour éviter le pire pour sa réputation, la Socopa a martelé le fait que la viande n’était pas « avariée » mais contaminée (du point de vue de l’ image, cela fait toute la différence !).

-    Ils ont développé un argument scientifique, en apparence irréfutable : les moyens scientifiques ne permettent pas de réduire le délai pour apprécier le risque de  contamination (10 jours).

-    Ils ont joué la carte de la transparence, en apparence…. : ils ne se sont pas cachés, ont communiqué largement en envoyant un communiqué et même en le mettant en ligne (pour Carrefour) et ont répondu aux questions de la presse. Carrefour a  placé des affichettes dans ses rayons, appelé ses clients porteurs de carte de fidélité. Les deux enseignes ont mis en place un numéro vert (vite saturé). Donc, ils ont montré qu’ils faisaient tout leur possible pour informer leurs clients.

-    Ils ont reçu comme soutien (spontané ?), des experts, comme le Directeur des Services Vétérinaires local.  Ils ont laissé le labo, le service vétérinaire, expliquer la problématique du délai des analyses scientifiques (qui sont plus longs que la durée de vie des produits ! ).  Autre soutien indirect, l’Institut de Veille Sanitaire qui a déclaré « ne pas avoir identifié de cas de maladie à ce jour en lien avec les steaks hachés ». Sur ce point, les distributeurs ont été plus « responsables » puisqu’ils ont reconnu qu’il était possible que les 30 personnes présentaient des symptômes qui pouvaient être liés à la bactérie. Tout en précisant qu’il n’y avait pas de cas critiques. Bien joué, cette déclaration allait plutôt dans le sens de la transparence.
Même la Socopa n’a pas hésité à expliquer l’origine de la présence de la bactérie et a fait l’hypothèse d’une projection d’excréments lors du dépeçage.


BILAN D’ÉTAPE

Conclusion, même si distributeurs et fournisseurs ont loin d’avoir tout dit dans cette affaire et n’ont pas voulu aller jusqu’à plaider « la responsabilité morale » et encore moins la responsabilité juridique (Carrefour s’est juste fendu d’une formule d’excuse sur son site), s’ils n’ont pas communiqué de messages rassurants sur le futur (comment éviter que cela ne se reproduise ?), ils ont évité l’effet de panique et leur réputation ne semble pas écornée.

Ce bilan est à mettre largement à l’actif de la manière dont l’affaire a été gérée par les 3 acteurs principaux mais aussi au facteur chance, la viande contaminée n’a pas fait de victimes et c’est un critère très important pour les médias en particulier. Pas de victimes et surtout plus d’incertitude sur le risque d’aggravation de l’affaire (à priori ceux qui ont été contaminés, sont déjà malades, vu le délai qui s’est écoulé).  A partir du moment où l’opinion écarte tout risque grave, l’affaire perd son attrait médiatique. Dans ce cas, les journalistes sont moins motivés pour poser les vraies questions, celles qui auraient pu déranger :

Comme cette réflexion de deux clients de Carrefour, Andrée et  Charles interviewés par Ouest France :    « dommage d’apprendre la nouvelle aujourd’hui, alors que la date de péremption est passée, c’est un peu comme dire intoxiquez vous et ensuite on vous informera ».

D’autres questions auraient pu intéresser les journalistes :
A partir du moment où son propre labo avait détecté cette présence de bactérie, pourquoi la Socopa n’a-t-elle pas alerté ses clients à ce moment-là, par principe de précaution et pourquoi avoir attendu les conclusions d’un autre labo ?
Pourquoi le labo de la Socopa détecte-t-il quasi immédiatement la bactérie quand il faut 10 jours au labo national de référence !
On peut se demander aussi comment la bactérie s’est retrouvée là ? 
Est-il normal que des excréments de bovin se retrouvent dans la viande hachée ! La Socopa aurait pu au moins s’étonner de ce fait qui met en cause indirectement son process de qualité, et surtout indiquer ce qu’elle comptait faire pour éviter que cela ne se reproduise. Mais non, la Socopa a joué la carte de la transparence et de la bonne foi, cela suffit sans doute.

Du côté des distributeurs, ils ne semblent pas fâchés par le comportement de leur fournisseur, ils semblent très solidaires, on pouvait s’attendre à ce qu’ils dégagent toute responsabilité sur leur fournisseur, histoire de préserver leur réputation.

Pas mal de questions restent donc encore en suspens, on suivra donc avec attention les conclusions des enquêtes voire des éventuelles actions en justice ainsi que les réactions de l’opinion.

Cela sera intéressant pour mieux comprendre ce qui s’est joué réellement dans cette affaire et  vérifier que l’argumentaire  (plutôt à minima) développé par les 3 enseignes tiendra le coup dans la durée.



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