Actualité

22 juillet 2008

Affaire de pollution Tricastin-Areva : radioscopie des défaillances au plan technique et de la communication

2552895_106 L’incident survenu le 7 juillet dernier à la centrale de  Tricastin, aurait pu ne susciter que quelques brèves dans la presse compte tenu du fait qu’il a été déclaré de « niveau 1 », le plus bas niveau dans l’échelle des risques nucléaires et qu’à priori il ne pose pas de problème sanitaire.

Et pourtant , il a généré une vraie crise pour Areva, maison mère de Tricastin  comme pour le gouvernement.

 Pour Areva : puisque  le site de Tricastin doit fermer certaines installations selon une décision de l’ASN et  changer de Directeur Général. Sachant que désormais tous les sites d'Areva seront placés sous surveillance de l'opinion.

Pour le gouvernement aussi. Les acteurs anti - nucléaires se mobilisent, l’opinion s’inquiète, les autorités de contrôle du nucléaire ont perdu en crédibilité… Cette situation a conduit Jean-Louis Borloo à réagir officiellement en annononçant qu’il voulait vérifier les nappes phréatiques près des centrales nucléaires.
C’est vrai que cette affaire tombe mal à propos dans un contexte où Nicolas Sarkozy a décidé de construire un second réacteur nucléaire.

Le plus souvent, une crise est révélatrice de nombreux dysfonctionnements et non pas d’un dérapage isolé.Tricastin n’échappe pas à cette règle.

Des dysfonctionnements au plan technique et de la sûreté.

Visiblement, la centrale est confrontée à des dépassements de seuils autorisés en rejets de produits chimiques et radio actifs depuis longtemps, en tout  cas avant cet incident. Elle avait d’ailleurs reçu plusieurs avertissements de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (l’ASN) en 2007.
Et la manière de gérer au plan technique le problème d’étanchéité d’une cuve de rétention qui semble être à l’origine de la pollution du 7 juillet, confirme ces manquements.
En effet, si le problème d’étanchéité a été constaté le 2 juillet, il a fallu attendre le débordement de la cuve pour que le problème soit pris au sérieux et que le plan d’urgence soit déclenché.
Enfin, les problèmes de fuite détectés en fin de semaine dernière, dans un autre site d'Areva, dans la Drôme peuvent laisser penser que les dysfonctionnements ne se limitent pas à Tricastin.

Des maladresses de communication

Erreur 1-:  le site de Tricastin a tardé avant d’informer les autorités, les préfectures concernées et  avant de parler aux médias. Quant aux maires des communes voisines, ils n’ont été informés que le lendemain de l'incident  !
Les dirigeants du site ont donné d’entrée de jeu, l’impression qu’ils essayaient de cacher l’incident. Il semblerait qu’ils aient essentiellement communiqué par oral (notamment à l’AFP). En laissant le soin à l’ASN de diffuser plus largement un communiqué de presse.  On est loin d’une communication transparente.

Erreur 2- : le site a cherché à minimiser au maximum la pollution du 7 juillet en se contentant de le classer dans les incidents mineurs car de niveau 1. C’était sans compter la réaction de Greenpeace ou du  Criirad qui ont pointé du doigt certaines contradictions : le risque  sanitaire serait faible alors pourquoi prendre les mesures d’interdiction telles que ne plus consommer d’eau potable dans les communes environnantes ? Ils ont rappelé que Tricastin avait pris soin de ne pas révéler la quantité de  produits radio actif détectée, car celle-ci était très supérieure, selon leurs estimations, aux normes autorisées. Dès lors, l’opinion pouvait commencer à douter de la sincérité de la communication du site.

Erreur 3 -  les dirigeants de Tricastin ont considéré que l’incident pouvait être qualifié de banal, étant donné qu’il ne présentait pas de risque de nature sanitaire.
Si les conséquences au plan sanitaire semblent limitées, les conséquences sur la vie quotidienne des populations locales sont significatives. En particulier,  les agriculteurs  et les éleveurs qui ont souffert de l’interdiction d’irrigation ou de distribution d’eau aux animaux. Ou encore les habitants qui se sont rués dans les supermarchés pour acheter des litres de bouteilles minérales…
En minimisant trop l’incident et surtout ses conséquences au plan local, en n’exprimant aucun empathie, aucun regret par rapport aux difficultés provoquées par la pollution, le site de Tricastin s’est positionné en institution « froide, inhumaine, irresponsable » . Et ce d’autant qu’il n’a pas proposé d’aider les populations locales et encore moins  de prendre ses responsabilités vis à vis des éventuels dommages causés..


Erreur 4- interrogée sur le fait que le site aurait déjà été  confronté à  des incidents, la Direction de la communication de Tricastin a contesté ces accusations en affirmant « c’est la première fois qu’un tel incident se produit ». Or la encore, les faits ont contredit cette affirmation. Puisqu’il est vite apparu que l’ASN avait adressé plusieurs remarques à la Socatri en 2007. Devant ce fait avéré,  la Direction de la communication d’Areva, continue à nier tout problème « nous avons pris acte des injonctions de l’ASN »…mais l’argument ne suffit pas à convaincre, sachant que de nouvelles analyses ont fait apparaître d’autres problèmes non élucidés à ce jour, sur les nappes phréatiques voisines. En contestant, au début de l’affaire tout au moins, tout dysfonctionnement, Areva ne pouvait guère espérer être plus crédible que sa filiale.

Erreur 5- le site de Tricastin conteste l’hypothèse du Haut Comité pour la Transparence et l’Information sur la Sûreté Nucléaire (HCTISN) qui considère que des déchets militaires anciens seraient la cause de la contamination avérée de nappes phréatiques voisines. En remettant en cause l’opinion de cette autorité qui est censée être plus indépendante que l’ASN, Areva ne gagne pas non plus en crédibilité, et s’isole un peu plus.

Mais que pouvait faire Areva ?

Il ne faut pas surestimer le pouvoir de la communication. A partir du moment où il existait des défaillances techniques sérieuses, il était difficile de sortir indemne de cette affaire.

Cependant,  Areva aurait pu éviter de perdre durablement la confiance des populations locales dans le management du site  et d’alimenter la peur des Français par rapport au nucléaire en renforçant le  sentiment qu’on « leur raconte des histoires ». Elle aurait pu éviter que les dérapages de sa filiale impactent au final quelque peu sa réputation.


On pourrait penser que la tactique de communication a quand même permis d’éviter la panique au plan local.  C’était vrai à court terme, mais il semblerait que ce soit moins le cas aujourd’hui, les habitants ont peur, en témoignent les pharmacies locales confrontées à une rupture de stock des pastilles iodées (l’antidote à une exposition radio active).  Et surtout, le lien de confiance avec le site de Tricastin paraît rompu.

Entre dramatiser et minimiser une situation, il existait pourtant une position intermédiaire.
Il vaut toujours mieux se rapprocher le plus possible de la réalité. Préciser la quantité précise de radio activité détectée (comme c’est fait habituellement, car tout changement d’habitude dans la communication génère des doutes),  tout en précisant que c’est du niveau 1.

Le site de Tricastin, aurait pu au moins exprimer des excuses pour avoir causé des inquiétudes et des difficultés à la population locale et faire preuve  d’humanité voire de solidarité (en montrant comment l'aider). Tout en tenant un discours rassurant quant aux conséquences sanitaires.

Et surtout, il ne fallait pas dissimuler le fait que le site avait déjà été confronté à des difficultés.
Enfin, au lieu de laisser croire que tout était sous contrôle, qu’elle savait ce qui s’était passé et tenter de classer l’affaire, Areva aurait du reconnaître qu’elle prenait les choses au sérieux même si ce n’était qu’un incident de niveau 1 . Elle aurait pu annoncer qu’elle lançait une enquête approfondie et que des dispositions seraient prises pour que ce problème ne puisse pas se reproduire.
Cela aurait permis implicitement  de faire passer un message rassurant « Chez Areva, on prend des précautions, on ne traite rien à la légère ».
D'une manière générale en matière de crise, il vaut mieux admettre un problème et montrer comment on va le résoudre que le nier.

Certes, sous la pression médiatico-politique, Areva a pris la mesure de la crise. Sa responsable est alors montée en première ligne pour annoncer le changement de son Directeur Général et admettre qu’il pouvait y avoir  eu des manquements. Mais cela suffira-t'il pour retrouver de la crédibilité. Car désormais l’opinion doute. Et si les autres centrales étaient aussi peu fiables que celle de Tricastin ?  Si  nous étions empoisonnés depuis des années sans le savoir !
Les députés verts, les communes voisines… ont décidé de mener l’enquête voire d’engager des actions en justice contre le site de Tricastin. L’affaire est loin d’être finie.

Si Areva veut sortir la tête haute de la crise, il doit annoncer des mesures fortes pour moderniser, sécuriser ses installations et prendre des engagements pour communiquer de manière plus transparente, non seulement au niveau de la maison mère mais aussi des sites eux mêmes.


Ces incidents n'ont rien de comparables à ceux qui sont survenus aux USA (Three Mile Island) ou en Russie avec Tchernobyl, donc il ne faut pas céder à la  panique ni  remettre en cause le modèle nucléaire français. Mais il appartient aux acteurs du nucléaire de rapidement démontrer leur capacité à renforcer significativement la sûreté nucléaire et à assumer leur responsabilité.

09 juillet 2008

Ingrid Betancourt est libre. Cette bonne nouvelle signe néanmoins un des échecs de Nicolas Sarkozy. Pourtant tout avait bien commencé.

Un bon chef chimpanzé se doit de secourir ses sujets en situation de détresse, il espère bien ainsi gagner en popularité.

Il va protéger un « petit » des assauts d’un jeune adulte, prendre parti pour le plus fragile dans le cas d’un conflit, venir au secours d’une femelle harcelée par une autre un peu nerveuse…

Pas étonnant que Nicolas Sarkozy se soit donc positionné, dès la campagne électorale, en super chef, autoritaire mais déterminé, courageux et toujours prompt à sauver les membres de sa troupe en danger.

Dès le début de son règne, il a appliqué la tactique du « Zorro », en envoyant son ex femme dans la tente de l’ex terroriste Kadhafi, négocier la libération des infirmières bulgares.

A chaque fois, que notre chef primate, se sent en situation de fragilité, il remonte sur son destrier pour sauver des malheureux, à l’autre bout de la planète, espérant reprendre sa place dans le cœur des Français.

Zorro est remonté sur son cheval pour sauver l’Arche de Zoé malgré le comportement ambigu de ses protégés. Des martyrs à sauver il n’y en a pas tous les jours !

Puis il a repris du collier pour faire libérer les otages du voilier « le Ponant » en Somalie.

Au nom de la transparence, le gouvernement a délivré des informations quasi quotidiennes. On a suivi cette affaire en Somalie comme on suit les épisodes de la palpitante série « 24 heures Chrono ». On a tout su du plan « pirate de mer », de la tactique choisie pour mener l’assaut, aux sentiments ressentis par les ex otages qui se sont largement exprimés à leur sortie.

Pas étonnant que Nicolas Sarkozy ait déployé pendant des mois, une énergie incroyable pour afficher sa détermination à sauver celle qu’il qualifie lui-même de « martyre » : Ingrid Betancourt.

Les discours déterminés plein d’espoir du chef de l’état alternaient avec des messages d’inquiétude et d’encouragement. Quand les discours n’occupaient pas le terrain, place à l’image : gros plans sur l’avion et l’équipe médicale puis sur les émissaires envoyés en mission, sur place, par notre chef national.

Le peuple français s’est mobilisé tout entier derrière le visage d’Ingrid oubliant momentanément ses pommes de discordes

Il offrait le visage d’une France réconciliée, avec Carla Bruni marchant au même pas que Bertrand Delanoé dans les manifestations pour la libération d’Ingrid Betancourt. Histoire de nous faire oublier les descentes dans la rue des lycéens, des pêcheurs, des fonctionnaires ?

En tout cas, cette affaire a occupé une place de choix dans les grands journaux pendant des mois. Ce qui est déjà un motif de satisfaction pour le gouvernement. Mais c’est peut-être le seul, en ce qui concerne cette affaire.

En effet, compte tenu des limites de leur langage verbal, nos cousins singes jugent leurs chefs sur leurs actes et non pas sur leur discours.

Un chef chimpanzé renforcera son pouvoir seulement s’il réussit à protéger ses membres et non pas sur la promesse de les sauver.

Nous aussi, en bons citoyens primates, nous jugeons nos dominants sur leurs actes et leurs résultats.

Or sur ce terrain-là, notre président n’a pas fait ses preuves.

Il ne peut pas décemment se positionner en sauveur. Il l’a bien compris et s’est bien gardé de jouer la carte du triomphalisme. Il s’est contenté d’offrir aux caméras, l’image d’un président réjoui par la bonne nouvelle, aux côtés de la famille d’Ingrid Betancourt.

Cette tactique de montrer par l’image ce qu’il ne pouvait pas dire (j’ai participé à la libération) a ses limites. Il ne suffit pas d’être le maître de cérémonie des festivités post-libération pour pouvoir revendiquer le statut de « sauveur ».

Cela ne suffit pas à faire taire les mauvaises langues qui prétendent que le Président colombien a même volontairement caché cette opération à son homologue français pour éviter qu’il ne compromette, par de nouvelles maladresses, le dénouement heureux !


Nicolas Sarkozy devra-il rapidement trouver une nouvelle victime à sauver pour redorer son blason,
sera-il obligé de passer une petite annonce « cherche personne en détresse » ? Espérons que non !

16 juin 2008

"Rachida Dati" : quand une femelle transgresse les règles du pouvoir

Rachidat-dati-dior-yves-saint-laurent Depuis quelques semaines, on assiste à une campagne en règle, contre la Ministre de la Justice, Rachida Dati. Pourtant au début du règne de Sarkozy, elle était encensée par les médias et par l’opinion et soudain c’est le désamour brutal. Au moyen âge, Rachida aurait été brûlée sur le bûcher de la vindicte populaire, comme une vulgaire sorcière. Si la critique d’un ministre est chose courante, c’est la violence de la critique qui interpelle et qui fait écho aux campagnes de haine contre d’autres femmes de pouvoir, l’ex premier ministre socialiste Edith Cresson ou encore Margareth Thatcher. Ce qui surprend aussi, c’est la nature des critiques qui portent sur la personne plus que sur sa compétence professionnelle. C’est d’ailleurs sur « Ses caprices » que l’Express titre le dossier à charge qu’il lui a consacré la semaine dernière.

Ces manifestations d’hostilité sont révélatrices de la relation des primates humains avec le pouvoir et avec les femmes de pouvoir en particulier.


Elles nous rappellent que l’homme a choisi un modèle d’organisation patriarcal contrairement à nombre de ses cousins singes qui ont préféré confier le pouvoir aux femmes de leur troupe (babouins, patas, bonobos…).

Les femmes au pouvoir se comptent donc encore sur les doigts d’une main.

Si les femelles dominantes sont tolérées, c’est à une condition, elles doivent faire oublier leur sexe. Il leur faut gommer tous les attributs de la séduction. Et là, Rachida Dati commet sa première erreur, puisqu’elle se refuse à « mimer » les mâles. Aux tailleurs pantalons stricts, elle préfère robes, bijoux et talons aiguilles. Et n’hésite pas à poser en star, dans une robe moulante super sexy pour Match. Elle exhibe ses appâts féminins, c’est impardonnable ! La magistrature ne la rate pas « Elle s’est trompée de robe » s’exclame Dominique Barella* tandis qu’un autre magistrat la traite de « Barbie ministre ».

Rachida Dati finit par reconnaître qu’elle a bafoué le sacro-saint principe primate « on ne peut pas être ministre et coquette » déclare t-elle.

Il est vrai que son style « bling bling »et son goût du luxe aggravent quelque peu son cas. Pour une femme, si exercer le pouvoir est déjà une transgression, se comporter en séductrice alourdit son casier et exhiber les signes de distinction sociale passe pour de la provocation.

Dans les sociétés de singe les plus évoluées, on n’affiche pas aussi ostensiblement « sa réussite sociale ».

Ceci étant, ses goûts vestimentaires et son style séducteur n’expliquent pas à eux seuls la disgrâce de la Ministre.

Rachida Dati a commis une autre erreur en bafouant un principe primate clef : dans les sociétés de singes matriarcales, les femmes qui dominent ne se comportent pas comme les mâles au pouvoir. Le style de gouvernement de la femelle diffère de celui du mâle. En particulier, elles ne paradent pas pour affirmer leur pouvoir. Elles ne « crient pas », ne se livrent pas à des démonstration de force ou d’agressivité et préfèrent confier à un mâle (leur second) le soin de protéger la troupe, de sanctionner les rebelles. Si le mâle ne fait pas l’affaire, elles le virent.

Chez les Patas une espèce de singe organisée autour de l’autorité des femelles, le mâle dominant demeure le chien de garde de la troupe raconte Desmond Morris. La femelle dominante délègue les démonstrations d’autorité à ses mâles subordonnés.

En d’autres termes, une femelle au pouvoir ne se comporte pas de manière agressive, brutale ou autoritaire.

Il faut croire que dans notre inconscient collectif cette règle primate est toujours à l’œuvre, si l’on tolère une femelle au pouvoir, on ne supporte pas les chefs autoritaires. La main de fer doit être recouverte d’un épais gant de velours, sinon c’est le rejet assuré par la tribu.

Autrement dit, la femme au pouvoir doit ressembler physiquement à un mâle mais se comporter en femelle.

C’est peut-être ce que Rachida Dati a quelque peu oublié. Quand elle est dans l’adversité, elle a du mal à rester la séductrice qu’elle joue si bien sur les podiums et devant les projecteurs… Elle sort un peu trop vite les crocs. Crises d’autorité face aux subordonnés de son cabinet, accès de colère devant des journalistes ou des députés qui la critiquent… Autant de parades d’autorité qui sont l’apanage des mâles !

Heureusement qu’elle a retenu la leçon de ses cousines singes, elle sait que le vrai pouvoir pour une femelle, est d’être soutenue par le mâle dominant. Tant que Sarko la soutient, elle pourra continuer à transgresser les autres règles primates… mais au prix de sa popularité.

*Ancien président de l’Union Syndical de la magistrature

09 juin 2008

Chasteté avant le mariage : paranoïa humaine ?

L’annulation récente d’un mariage pour cause de « non virginité » et le débat qui s’en est suivi, nous rappellent que finalement, à l’instar de ses cousins singes, le problème number one du mâle humain reste la reproduction : comment optimiser sa descendance ?

Nos cousins chimpanzés ont opté pour un modèle de reproduction multiple. Ils copulent avec les femelles qui sont en oestrus (et qui affichent leurs fesses roses). Et ils n’ont cesse de gravir les échelons du pouvoir afin de bénéficier du droit de cuissage : à savoir être les premiers à copuler avec les femelles potentiellement fécondes.

Moyennant quoi le taux d’infanticide est assez élevé dans cette espèce, si le mâle n’est pas le premier à monter la femelle, il préfère souvent éliminer la progéniture.

Nos cousines Bonobos, plus futées, ont trouvé une parade, elles multiplient les partenaires, et copulent à tout va, afin qu’aucun mâle ne puisse être assuré de sa paternité. Dans le doute, le mâle préfère éviter de tuer les petits du groupe, ils pourraient être les siens !

Les humains ont opté pour un autre modèle, la relation unique durable, le couple. Ainsi le mâle est assuré de sa paternité et la femelle peut en contre-partie exiger l’assistance et la protection de son compagnon pour élever ses petits. Ce qui augmente significativement le taux de survie de sa progéniture.

Ce modèle est clairement le plus efficace, en témoigne la manière dont nous avons peuplé le monde tandis que nous cousins singes disparaissent progressivement de la carte ! En 50 ans, le nombre de chimpanzés est passé de 2 millions à 150 000 comme le rappelait encore samedi dernier la célèbre primatologue Jane Godall !

Depuis que l’homme est conscient de sa paternité, il n’a eu cesse de contrôler au maximum la sexualité de sa compagne pour éviter toute incartade : en exigeant la chasteté avant le mariage, en obligeant sa compagne à masquer tout signe de féminité voire en lui imposant le port de la ceinture de chasteté.

Ainsi, là où nos cousines pouvaient en toute innocence afficher leurs fesses gonflées roses vif pour signaler leur période d’ovulation, nombre d’entre-nous sont contraintes de dissimuler leur postérieur sous d’amples vêtements et leur bouche sous un voile sombre…

L’annulation du mariage pour cause de non virginité, nous montre que ces rituels obsessionnels des mâles humains pour contrôler leur paternité ont toujours cours au 21 ième siècle. Ce qui relègue les femmes à leur simple rôle de reproductrice.

Au final, on peut se demander si les femmes n’auraient pas dû opter pour le modèle Bonobos qui consiste à multiplier les partenaires. C’est à la fois plus « safe » pour elles et pour leurs petits mais aussi, peut être, plus fun aussi !

26 mai 2008

Match Sarko-Fillon : épisode 1 - Le N°2, première menace du Chef primate

510232 Chez les chimpanzés, le numéro 2 représente la première menace du chef.

Il n’est pas rare qu’un numéro 2 prenne la place du chef officiellement ou officieusement.

Trois tactiques sont possibles :

renverser le chef et prendre sa place- discréditer le chef par rapport à sa tribu, lui laisser la couronne mais tirer les ficelles- renverser le chef pour installer un allié plus facilement manipulable.

En témoigne, Nikkie, jeune chef chimpanzé arriviste qui a cru naïvement qu’il pouvait facilement se débarrasser de son numéro deux, Yéroen qui devenait à son goût, trop influent et trop gourmand en termes de privilèges. Il a vite déchanté, quand il a réalisé que son ex numéro deux se tournait vers un de ses rivaux, Dandy pour le « supporter » et l’aider à prendre le pouvoir. C’est ainsi que trahi par son numéro 2, Nikkie fut remplacé par Dandy.

Le numéro 2 dispose de deux cartes majeures pour parvenir à ses fins. Tout d’abord il fait partie du noyau dur des dominants et a des contacts permanents avec les membres influents du groupe au même titre que le chef. Il est donc en mesure de créer des coalitions susceptibles de neutraliser le chef .

Ensuite il est aux premières loges pour repérer les failles du chef et les exploiter.

Pas étonnant que notre numéro 2 national, François Fillon ait choisi de passer à l’attaque, en début d’année, alors que sa cote d’amour avait grimpé tandis que celle de notre mâle alpha Sarko était au plus bas ! Lui aussi a su repérer les failles de son chef. Au comportement bling bling, il a préféré jouer la discrétion, la sobriété et cela lui a plutôt réussi… un temps.

A l’instar de ses cousins chimpanzés, il a commencé à se chercher des alliés, au sein des députés UMP quelque peu négligés pour ne pas dire malmenés par Sarko depuis son accès au pouvoir. Il a laissé fuiter des désaccords entre Sarko et lui sur des sujets qui préoccupent les députés. Il n’a pas échappé aux parlementaires que les deux hommes s’opposaient tout à a fois sur les questions de revendication catégorielle, les régimes spéciaux, l’école, les OGM… En laissant circuler ces rumeurs de différents, le numéro 2 espérait bien se faire remarquer par certains députés et gagner leur soutien.

Il a également cherché à gagner des alliés au sein des ministres autres alliés stratégiques du chef en titre. Il n’a que timidement sermonné ceux qui avaient critiqué certaines initiatives impulsées par Nicolas Sarkozy. Il n’a d’ailleurs rien fait pour empêcher les fameux couacs du gouvernement. Il a même encouragé ses ministres, les plus proches à prendre des initiatives, telles Roselyne Bachelot avec l’annonce de la suppression de la carte famille…

Ce faisant, il pensait réaliser un coup double : déstabiliser le chef de l’état, la multiplication des Couacs ne pouvant que discréditer Nicolas Sarkozy et gagner de nouveaux alliés. Puisque son comportement laissait penser aux ministres qu’il ferait un bien meilleur chef, moins tyrannique que Sarko et plus à l’écoute de leurs aspirations.

Ce faisant il a commencé à inquiéter sérieusement son chef, qui n’a pas tardé à réagir pour réaffirmer son autorité et briser les nouvelles ambitions de son numéro 2.

Episode : Sarko-Fillon à suivre

19 mai 2008

Affaire Société Générale : Bouton s'accroche

Depuis une semaine, la Société Générale a un nouveau patron. Est-ce à dire que le règne de Daniel Bouton a pris fin ? En vertu des lois qui régissent la gouvernance primate, on peut se demander si Daniel Bouton ne demeure pas, tout compte fait, le « mâle alpha » de la banque française.

Après la crise qu’a connue sa banque, Daniel Bouton pouvait difficilement espérer rester à la tête de l’institution.

Démissionner représentait le pire scénario. La démission aurait été perçue comme une reconnaissance de sa culpabilité dans cette triste affaire.

Il a préféré réorganiser l'organisation du pouvoir  la « gouvernance » de la Société Générale.

Désormais c’est un tandem qui dirigera la banque, Frédéric Oudéa prend la Direction Générale tandis-que Daniel Bouton demeure Président du Conseil d’Administration.

En apparence, cette organisation présente tous les traits de la modernité. Mais en la regardant de plus près, il semblerait que D Bouton ait eu recours à une stratégie ancestrale, souvent utilisée chez les vieux chimpanzés pour conserver le pouvoir.

  

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14 mai 2008

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Hier, le texte sur les OGM a été rejeté par le parlement après l’adoption surprise d’une motion de procédure communiste défendue par André Chassaigne.

On pourrait se contenter d’applaudir les socialistes qui ont réussi un joli coup en parvenant à mobiliser leurs députés . Mais la vraie menace n’est pas là où on le croit.

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06 mai 2008

RSA, allocations chômages : le « donnant-donnant » primate ?

Natureoutsidedaylight_000802_c049_2 Notre société humaine a bien du mal à gérer la question de l’aide apportée à ses membres les moins favorisés.

Un pas en avant avec le Revenu de Solidarité Active, un pas en arrière avec le durcissement des conditions d’allocations chômage…

Est-ce que cela signifie que notre civilisation est en régression ? Pas sûr, car chez nos cousins singes, la vie semble plus dure.

Certes, la capacité à aider autrui n’est pas le propre du singe nu.

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25 avril 2008

Décryptage de l'interview de N Sarkozy

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Hier, Nicolas Sarkozy s’est prêté une nouvelle fois au jeu de l’interview télévisée, après une période de trêve de communication de près de 4  mois.L’enjeu était de taille.

Sa cote de popularité est au plus bas et sa marge de manœuvre est désormais faible dans un environnement économique mondial difficile.
A partir du moment où il ne pouvait guère annoncer de grandes nouvelles susceptibles de redresser sa cote d’amour ; il lui restait l’arme fatale de la communication, la magie des mots, des formules et des métaphores. Et sur ce terrain, l’ex avocat excelle.

A travers cet interview, N Sarkozy a tenté de redessiner les contours de son profil.

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18 avril 2008

Du rififi chez les femelles au pouvoir

398_2 Au cours des dernières semaines, les subordonnés de la tribu Sarkozy, les femelles en particulier, se sont permis de bafouer l’autorité de leur chef.

Certaines ont carrément poussé un grand coup de gueule contre le gouvernement, en exprimant leur désaccord sur le projet de « plan banlieues  » pour Fadéla Amara, le projet de loi sur les OGM pour Nathalie Kosciusko Morizet.
D’autres ont pris des initiatives sans en référer au préalable au grand chef :  Roselyne Bachelot annonce l’enterrement de la carte « famille nombreuse » ressuscité par Sarko le lendemain tandis-que Yama Rade pose des conditions à la présence de Sarkozy aux JO.

A ces actes d’indépendance, il faut ajouter quelques réflexions maladroites dégradantes pour l’image de leurs supérieurs: l’un sentirait des pieds et ronflerait, un autre serait coupable de lâcheté…

Sarkozy ne pouvait pas rester inactif.Le singe qui est en lui s’est alors réveillé.
Que certaines personnes contestent son autorité, c’est déjà grave mais lorsque ces personnes s’avèrent être des femelles, c’est pire.

Chez les bonobos, quand les femelles organisent une coalition anti-chef, ce dernier peut déjà faire ses valises, ses jours sont comptés.

Comment réagit un chef primate dont l’autorité est bafouée ?



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