En situation de pénurie alimentaire, dans le cas par exemple d’une longue sécheresse, tous nos cousins singes ne sont pas non plus logés à la même enseigne. En fait très clairement ce sont les subordonnées qui évoluent en périphérie de la tribu, les banlieusards primates en quelque sorte, qui sont les premières victimes de la pénurie. Le taux de mortalité y est nettement plus élevé que chez les dominants.
Pas étonnant, quand on sait que les dominants ont un accès prioritaire aux ressources et qu’en période de pénurie les subordonnées doivent se contenter de mauvaises racines… L’injustice sociale apparaît alors de manière très visible, d’un côté sous les traits de singes dodus et de l’autre d’individus dont on ne voit plus que les os.
Visiblement nous ne faisons guère mieux que les singes.
La crise a mis en lumière le phénomène des « ultra riches » qui se propage sur notre planète surtout du côté de la Chine, de l’Inde et la Russie. Tandis que les classes moyennes se serrent la ceinture en assistant impuissantes à la cure de minceur de leurs aliments préférés (cf la contenance des pots de yaourt et des boîtes de biscuits qui ne cesse de diminuer !) et à la fonte de leur cagnotte.
Mais chez les singes, l’espoir n’est jamais loin. Ils peuvent compter sur leur chef pour trouver des solutions à la pénurie. C’est le chef qui doit conduire la tribu sur d’autres terres, plus fécondes, en veillant à ne pas tomber dans les griffes des prédateurs qui guettent la troupe affaiblie. Et qu’un chef reste inerte face à la crise, il ne pourra conserver son trône longtemps. La troupe le remerciera et se choisira un chef plus réactif et plus audacieux.
Chez les hommes, on peut se demander si nos chefs de tribu sont à la hauteur en cette période de crise ?
C’est vrai que leur marge de manoeuvre est plus étroite que chez leurs cousins. D’abord parce que les hommes ont déjà investi toutes les terres fécondes, donc ils ne peuvent plus émigrer.
Et surtout parce que nos chefs de tribus sont bien moins influents que leurs collègues singes. Dans une économie mondialisée, leurs décisions n’ont que peu d’impact. Ce sont des « p’tits chefs » désormais et pour faire bouger les choses, encore faudrait-il qu’ils s’entendent !
Notre chef de tribu, Nicolas Sarkozy a peut-être montré
la voie, mardi dernier, en proposant à ses pairs un sommet mondial pour
sortir de la crise. Espérons qu’il sera entendu.
Intéressant...
Serait-il possible de croiser cette conclusion avec la récente demande de J.McCain de mettre temporairement de côté les enjeux de la campagne électorale, afin de rechercher avec son adversaire une solution acceptable pour l'avenir de la tribu ?
Quel (potentiel) chef primate accepterait-il de transiger et laisser de côté ses instincts de compétition pour tenter une alliance, en particulier à l'approche d'un tournant hiérarchique ?
Rédigé par: memebut | 25 septembre 2008 à 13:08
c'est vrai que laisser de côté son instinct de compétition, c'est pas très "primate"! Si l'action engagée par JMC Cain est à la hauteur de son effet d'annonce, on ne peut que saluer cette initiative qui redore le blason "humain"... à suivre donc
Rédigé par: muzard | 25 septembre 2008 à 15:39
Hem... J'aime votre angélisme! La manoeuvre de Mac Cain est assez transparente, me semble-t-il : tenter de redistribuer les cartes alors qu'il est en difficulté (il a dit de grosses bêtises sur l'économie, son directeur de campagne a été pris la main dans le sac pour une histoire d'emploi fictif, et Sarah Palin est en baisse...). C'est un peu un quitte ou double. Un coup de théâtre. Et c'est assez bien joué. Quoi de mieux que d'utiliser la crise pour essayer de poser en père de la nation - ce à quoi invite son grand âge. C'est attirer Obama sur un autre terrain. On verra ce qu'il en sort. Mais je crois que nous sommes au coeur de la compétition présidentielle !
Rédigé par: Marc | 25 septembre 2008 à 19:32
Dans ce contexte, un sommet mondial de chefs a plutôt comme réelle motivation : "comment faire croire qu'on va changer quelque chose et continuer en fait à piller comme avant ?"...
Rédigé par: Sophie | 05 octobre 2008 à 14:29
c'est vrai Marc et Sophie, qu'au regard des dernières évolutions sur la scène politique américaine, européenne et française, nos instincts primates semblent primer sur nos belles intentions humaines. Finalement ce qui nous distingue de nos cousins singes, c'est d'abord, une histoire de communication !
Rédigé par: marie muzard | 07 octobre 2008 à 10:05