22 juillet 2008

Affaire de pollution Tricastin-Areva : radioscopie des défaillances au plan technique et de la communication

2552895_106 L’incident survenu le 7 juillet dernier à la centrale de  Tricastin, aurait pu ne susciter que quelques brèves dans la presse compte tenu du fait qu’il a été déclaré de « niveau 1 », le plus bas niveau dans l’échelle des risques nucléaires et qu’à priori il ne pose pas de problème sanitaire.

Et pourtant , il a généré une vraie crise pour Areva, maison mère de Tricastin  comme pour le gouvernement.

 Pour Areva : puisque  le site de Tricastin doit fermer certaines installations selon une décision de l’ASN et  changer de Directeur Général. Sachant que désormais tous les sites d'Areva seront placés sous surveillance de l'opinion.

Pour le gouvernement aussi. Les acteurs anti - nucléaires se mobilisent, l’opinion s’inquiète, les autorités de contrôle du nucléaire ont perdu en crédibilité… Cette situation a conduit Jean-Louis Borloo à réagir officiellement en annononçant qu’il voulait vérifier les nappes phréatiques près des centrales nucléaires.
C’est vrai que cette affaire tombe mal à propos dans un contexte où Nicolas Sarkozy a décidé de construire un second réacteur nucléaire.

Le plus souvent, une crise est révélatrice de nombreux dysfonctionnements et non pas d’un dérapage isolé.Tricastin n’échappe pas à cette règle.

Des dysfonctionnements au plan technique et de la sûreté.

Visiblement, la centrale est confrontée à des dépassements de seuils autorisés en rejets de produits chimiques et radio actifs depuis longtemps, en tout  cas avant cet incident. Elle avait d’ailleurs reçu plusieurs avertissements de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (l’ASN) en 2007.
Et la manière de gérer au plan technique le problème d’étanchéité d’une cuve de rétention qui semble être à l’origine de la pollution du 7 juillet, confirme ces manquements.
En effet, si le problème d’étanchéité a été constaté le 2 juillet, il a fallu attendre le débordement de la cuve pour que le problème soit pris au sérieux et que le plan d’urgence soit déclenché.
Enfin, les problèmes de fuite détectés en fin de semaine dernière, dans un autre site d'Areva, dans la Drôme peuvent laisser penser que les dysfonctionnements ne se limitent pas à Tricastin.

Des maladresses de communication

Erreur 1-:  le site de Tricastin a tardé avant d’informer les autorités, les préfectures concernées et  avant de parler aux médias. Quant aux maires des communes voisines, ils n’ont été informés que le lendemain de l'incident  !
Les dirigeants du site ont donné d’entrée de jeu, l’impression qu’ils essayaient de cacher l’incident. Il semblerait qu’ils aient essentiellement communiqué par oral (notamment à l’AFP). En laissant le soin à l’ASN de diffuser plus largement un communiqué de presse.  On est loin d’une communication transparente.

Erreur 2- : le site a cherché à minimiser au maximum la pollution du 7 juillet en se contentant de le classer dans les incidents mineurs car de niveau 1. C’était sans compter la réaction de Greenpeace ou du  Criirad qui ont pointé du doigt certaines contradictions : le risque  sanitaire serait faible alors pourquoi prendre les mesures d’interdiction telles que ne plus consommer d’eau potable dans les communes environnantes ? Ils ont rappelé que Tricastin avait pris soin de ne pas révéler la quantité de  produits radio actif détectée, car celle-ci était très supérieure, selon leurs estimations, aux normes autorisées. Dès lors, l’opinion pouvait commencer à douter de la sincérité de la communication du site.

Erreur 3 -  les dirigeants de Tricastin ont considéré que l’incident pouvait être qualifié de banal, étant donné qu’il ne présentait pas de risque de nature sanitaire.
Si les conséquences au plan sanitaire semblent limitées, les conséquences sur la vie quotidienne des populations locales sont significatives. En particulier,  les agriculteurs  et les éleveurs qui ont souffert de l’interdiction d’irrigation ou de distribution d’eau aux animaux. Ou encore les habitants qui se sont rués dans les supermarchés pour acheter des litres de bouteilles minérales…
En minimisant trop l’incident et surtout ses conséquences au plan local, en n’exprimant aucun empathie, aucun regret par rapport aux difficultés provoquées par la pollution, le site de Tricastin s’est positionné en institution « froide, inhumaine, irresponsable » . Et ce d’autant qu’il n’a pas proposé d’aider les populations locales et encore moins  de prendre ses responsabilités vis à vis des éventuels dommages causés..


Erreur 4- interrogée sur le fait que le site aurait déjà été  confronté à  des incidents, la Direction de la communication de Tricastin a contesté ces accusations en affirmant « c’est la première fois qu’un tel incident se produit ». Or la encore, les faits ont contredit cette affirmation. Puisqu’il est vite apparu que l’ASN avait adressé plusieurs remarques à la Socatri en 2007. Devant ce fait avéré,  la Direction de la communication d’Areva, continue à nier tout problème « nous avons pris acte des injonctions de l’ASN »…mais l’argument ne suffit pas à convaincre, sachant que de nouvelles analyses ont fait apparaître d’autres problèmes non élucidés à ce jour, sur les nappes phréatiques voisines. En contestant, au début de l’affaire tout au moins, tout dysfonctionnement, Areva ne pouvait guère espérer être plus crédible que sa filiale.

Erreur 5- le site de Tricastin conteste l’hypothèse du Haut Comité pour la Transparence et l’Information sur la Sûreté Nucléaire (HCTISN) qui considère que des déchets militaires anciens seraient la cause de la contamination avérée de nappes phréatiques voisines. En remettant en cause l’opinion de cette autorité qui est censée être plus indépendante que l’ASN, Areva ne gagne pas non plus en crédibilité, et s’isole un peu plus.

Mais que pouvait faire Areva ?

Il ne faut pas surestimer le pouvoir de la communication. A partir du moment où il existait des défaillances techniques sérieuses, il était difficile de sortir indemne de cette affaire.

Cependant,  Areva aurait pu éviter de perdre durablement la confiance des populations locales dans le management du site  et d’alimenter la peur des Français par rapport au nucléaire en renforçant le  sentiment qu’on « leur raconte des histoires ». Elle aurait pu éviter que les dérapages de sa filiale impactent au final quelque peu sa réputation.


On pourrait penser que la tactique de communication a quand même permis d’éviter la panique au plan local.  C’était vrai à court terme, mais il semblerait que ce soit moins le cas aujourd’hui, les habitants ont peur, en témoignent les pharmacies locales confrontées à une rupture de stock des pastilles iodées (l’antidote à une exposition radio active).  Et surtout, le lien de confiance avec le site de Tricastin paraît rompu.

Entre dramatiser et minimiser une situation, il existait pourtant une position intermédiaire.
Il vaut toujours mieux se rapprocher le plus possible de la réalité. Préciser la quantité précise de radio activité détectée (comme c’est fait habituellement, car tout changement d’habitude dans la communication génère des doutes),  tout en précisant que c’est du niveau 1.

Le site de Tricastin, aurait pu au moins exprimer des excuses pour avoir causé des inquiétudes et des difficultés à la population locale et faire preuve  d’humanité voire de solidarité (en montrant comment l'aider). Tout en tenant un discours rassurant quant aux conséquences sanitaires.

Et surtout, il ne fallait pas dissimuler le fait que le site avait déjà été confronté à des difficultés.
Enfin, au lieu de laisser croire que tout était sous contrôle, qu’elle savait ce qui s’était passé et tenter de classer l’affaire, Areva aurait du reconnaître qu’elle prenait les choses au sérieux même si ce n’était qu’un incident de niveau 1 . Elle aurait pu annoncer qu’elle lançait une enquête approfondie et que des dispositions seraient prises pour que ce problème ne puisse pas se reproduire.
Cela aurait permis implicitement  de faire passer un message rassurant « Chez Areva, on prend des précautions, on ne traite rien à la légère ».
D'une manière générale en matière de crise, il vaut mieux admettre un problème et montrer comment on va le résoudre que le nier.

Certes, sous la pression médiatico-politique, Areva a pris la mesure de la crise. Sa responsable est alors montée en première ligne pour annoncer le changement de son Directeur Général et admettre qu’il pouvait y avoir  eu des manquements. Mais cela suffira-t'il pour retrouver de la crédibilité. Car désormais l’opinion doute. Et si les autres centrales étaient aussi peu fiables que celle de Tricastin ?  Si  nous étions empoisonnés depuis des années sans le savoir !
Les députés verts, les communes voisines… ont décidé de mener l’enquête voire d’engager des actions en justice contre le site de Tricastin. L’affaire est loin d’être finie.

Si Areva veut sortir la tête haute de la crise, il doit annoncer des mesures fortes pour moderniser, sécuriser ses installations et prendre des engagements pour communiquer de manière plus transparente, non seulement au niveau de la maison mère mais aussi des sites eux mêmes.


Ces incidents n'ont rien de comparables à ceux qui sont survenus aux USA (Three Mile Island) ou en Russie avec Tchernobyl, donc il ne faut pas céder à la  panique ni  remettre en cause le modèle nucléaire français. Mais il appartient aux acteurs du nucléaire de rapidement démontrer leur capacité à renforcer significativement la sûreté nucléaire et à assumer leur responsabilité.

17 juillet 2008

Ségolène Royal : une victime ne fait pas un bon chef primate !

Mais qu’est-ce qui a pu pousser Ségolène Royal à accuser Nicolas Sarkozy, son ex rival d’avoir mis son appartement à sac ?

Est-elle sur le point de « péter les plombs » comme certains le prétendent ? Pas si sûr.

Cette déclaration fait suite à une autre attaque violente, suite à la libération d’Ingrid Betancourt. Elle craignait tant que Nicolas Sarkozy se positionne en héros, qu’elle n’a pu résister au plaisir de lui contester tout rôle dans cette affaire. En fait, depuis quelques semaines, elle exprime toutes ses capacités d’agressivité, dans l’espoir de reprendre du terrain face aux enjeux du prochain congrès du parti socialiste.

Tout chef primate doit faire preuve d’agressivité. C’est une condition sine qua non du pouvoir.

C’est particulièrement vrai dans les espèces les moins évoluées. Chez les macaques rhésus, au moindre écart de conduite d’un subordonné, le chef sanctionne et n’hésite pas à mordre le rebelle alors que le chef chimpanzé est plus tolérant.

Le chef primate n’a pas peur de se battre avec d’autres groupes concurrents, des prédateurs ou des rivaux. Ses élans belliqueux font même partie des comportements qui le distinguent du reste de la troupe.

Ceci étant, un chef doit être également populaire, il doit savoir groomer et caresser dans le sens du poil les membres de sa tribu. Il doit être capable de se réconcilier avec ses anciens rivaux afin de créer de solides coalitions et augmenter ainsi son influence sur la troupe.

Or Ségolène Royal ne se montre guère sous son visage de séductrice depuis quelque temps, elle se contente de sortir les crocs. Elle se positionne en chef macaque rhésus alors que ses électeurs sont plutôt proches des chimpanzés ou des bonobos ! Elle commet donc une erreur grave en terme de marketing primate.

Mais plus grave encore, tout comme son homologue chimpanzé grimpe sur des bidons d’essence pour faire le maximum de bruit et attirer l’attention de la troupe, elle aussi a pour premier objectif d’attirer l’attention des caméras et des micros.

Il semblerait que son désir de faire du tapage médiatique l’aveugle.

Elle est persuadée qu’en se positionnant en victime, elle pourra susciter une vague de compassion qui favorisera son élection. Ainsi, pendant la campagne électorale, elle s’est positionnée en victime de la misogynie française puis en épouse trahie et abandonnée. Après les élections, on a compris qu’elle avait été victime de son propre parti. Et aujourd’hui elle est la victime de Nicolas Sarkozy.

Si elle peut espérer tirer quelques larmes à ses concitoyens, elle ne va pas les convaincre pour autant de voter pour elle.

Au contraire, même, la loi primate est claire.

Une victime n’est pas crédible en tant que chef primate. Les chefs singes n’ont pas le droit de perdre la face. Leurs subordonnés ne leur pardonnent pas facilement leur défaite. En général, ils se choisissent un autre chef car un chef faible n’est pas rassurant pour la troupe. C’est pourquoi nos cousins singes évitent d’affronter physiquement leurs rivaux de peur de perdre le combat et préfèrent recourir à des parades d’intimidation (clignement des paupières blanches chez le babouin, secouement de branches, coup de gueule..).

Ils ne doivent pas montrer de signe de faiblesse. S’ils échouent, il leur faut garder la tête haute, continuer à bomber le torse pour signifier qu’ils vont reprendre les combats. Cela, Nicolas Sarkozy l’a bien compris et visiblement pas Ségolène Royal. Et pourtant il lui faudra vite rectifier le tir et prouver qu’elle a l’étoffe d’un héros si elle veut décrocher le gros lot au prochain congrès de Reims.



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09 juillet 2008

Ingrid Betancourt est libre. Cette bonne nouvelle signe néanmoins un des échecs de Nicolas Sarkozy. Pourtant tout avait bien commencé.

Un bon chef chimpanzé se doit de secourir ses sujets en situation de détresse, il espère bien ainsi gagner en popularité.

Il va protéger un « petit » des assauts d’un jeune adulte, prendre parti pour le plus fragile dans le cas d’un conflit, venir au secours d’une femelle harcelée par une autre un peu nerveuse…

Pas étonnant que Nicolas Sarkozy se soit donc positionné, dès la campagne électorale, en super chef, autoritaire mais déterminé, courageux et toujours prompt à sauver les membres de sa troupe en danger.

Dès le début de son règne, il a appliqué la tactique du « Zorro », en envoyant son ex femme dans la tente de l’ex terroriste Kadhafi, négocier la libération des infirmières bulgares.

A chaque fois, que notre chef primate, se sent en situation de fragilité, il remonte sur son destrier pour sauver des malheureux, à l’autre bout de la planète, espérant reprendre sa place dans le cœur des Français.

Zorro est remonté sur son cheval pour sauver l’Arche de Zoé malgré le comportement ambigu de ses protégés. Des martyrs à sauver il n’y en a pas tous les jours !

Puis il a repris du collier pour faire libérer les otages du voilier « le Ponant » en Somalie.

Au nom de la transparence, le gouvernement a délivré des informations quasi quotidiennes. On a suivi cette affaire en Somalie comme on suit les épisodes de la palpitante série « 24 heures Chrono ». On a tout su du plan « pirate de mer », de la tactique choisie pour mener l’assaut, aux sentiments ressentis par les ex otages qui se sont largement exprimés à leur sortie.

Pas étonnant que Nicolas Sarkozy ait déployé pendant des mois, une énergie incroyable pour afficher sa détermination à sauver celle qu’il qualifie lui-même de « martyre » : Ingrid Betancourt.

Les discours déterminés plein d’espoir du chef de l’état alternaient avec des messages d’inquiétude et d’encouragement. Quand les discours n’occupaient pas le terrain, place à l’image : gros plans sur l’avion et l’équipe médicale puis sur les émissaires envoyés en mission, sur place, par notre chef national.

Le peuple français s’est mobilisé tout entier derrière le visage d’Ingrid oubliant momentanément ses pommes de discordes

Il offrait le visage d’une France réconciliée, avec Carla Bruni marchant au même pas que Bertrand Delanoé dans les manifestations pour la libération d’Ingrid Betancourt. Histoire de nous faire oublier les descentes dans la rue des lycéens, des pêcheurs, des fonctionnaires ?

En tout cas, cette affaire a occupé une place de choix dans les grands journaux pendant des mois. Ce qui est déjà un motif de satisfaction pour le gouvernement. Mais c’est peut-être le seul, en ce qui concerne cette affaire.

En effet, compte tenu des limites de leur langage verbal, nos cousins singes jugent leurs chefs sur leurs actes et non pas sur leur discours.

Un chef chimpanzé renforcera son pouvoir seulement s’il réussit à protéger ses membres et non pas sur la promesse de les sauver.

Nous aussi, en bons citoyens primates, nous jugeons nos dominants sur leurs actes et leurs résultats.

Or sur ce terrain-là, notre président n’a pas fait ses preuves.

Il ne peut pas décemment se positionner en sauveur. Il l’a bien compris et s’est bien gardé de jouer la carte du triomphalisme. Il s’est contenté d’offrir aux caméras, l’image d’un président réjoui par la bonne nouvelle, aux côtés de la famille d’Ingrid Betancourt.

Cette tactique de montrer par l’image ce qu’il ne pouvait pas dire (j’ai participé à la libération) a ses limites. Il ne suffit pas d’être le maître de cérémonie des festivités post-libération pour pouvoir revendiquer le statut de « sauveur ».

Cela ne suffit pas à faire taire les mauvaises langues qui prétendent que le Président colombien a même volontairement caché cette opération à son homologue français pour éviter qu’il ne compromette, par de nouvelles maladresses, le dénouement heureux !


Nicolas Sarkozy devra-il rapidement trouver une nouvelle victime à sauver pour redorer son blason,
sera-il obligé de passer une petite annonce « cherche personne en détresse » ? Espérons que non !

01 juillet 2008

Obama-Clinton : une réconciliation qui peut faire mal !

Image 2 Vendredi dernier, le vainqueur démocrate Barack Obama et son ex rival, Hillary Clinton se sont pliés aux rituel de la réconciliation explicite des primates devant près de 3 000 personnes dans le New Hampshire.

Ce faisant, ils confirment qu’ils font partie des espèces de primates les plus évoluées.

D’abord, parce que ceux qui s’opposaient violemment, il y a encore quelques jours, ont accepté de se réconcilier pour faire cause commune.

Tous les primates n’ont pas cette capacité.

Le primatologue Franz de Waal a noté un taux de réconciliation beaucoup plus faible par exemple chez les macaques rhésus. Dans cette espèce, un conflit sur cinq seulement est suivi par une réconciliation, alors que chez les macaques arctoïdes le taux de réconciliation est de 56%. Or il a observé dix-huit fois plus de conflits graves internes chez les rhésus que chez les arctoïdes.

D’une manière générale, les espèces les plus enclines à se réconcilier enregistrent moins de conflits que les autres.

En primate éclairé, Obama a bien compris que le prix pour assurer la paix et la cohésion au sein de sa tribu démocrate, dans cette période électorale, était la réconciliation avec Hillary Clinton.

Mais surtout, les deux rivaux n’ont pas choisi la méthode la plus facile pour se réconcilier, à savoir la réconciliation implicite. Ce n’est pas étonnant sachant que cette tactique est surtout utilisée par les primates les moins évolués comme les rhésus. Les espèces plus évoluées y ont recours uniquement quand l’enjeu n’est pas très important. C’est-à dire si la réconciliation n’est pas vitale pour les rivaux.

La réconciliation implicite consiste à renouer le contact avec son rival d’hier, sans en avoir l’air… Franz de Waal a observé le manège d’un macaque rhésus. Pour susciter le contact, il faisait croire qu’il avait aperçu une mouche sur l’épaule de son rival et il profitait de l’« occasion » pour se rapprocher de lui et le débarrasser de l’insecte. Le contact était à nouveau établi. En général, le rival en question, trop heureux de faire la paix, ne refuse pas ce contact et feint lui aussi de sentir la mouche sur lui !

Mais Obama, n’est pas un macaque, il n’a pas choisi la stratégie de la mouche.

Il a préféré mettre en scène publiquement sa réconciliation, à la manière chimpanzé, car l’enjeu l’exigeait.

Là où son cousin chimpanzé, affiche sa proximité et sa confiance retrouvées avec son ex rival en se déplaçant "collé serré" avec lui, en l’enlaçant en le groomant (toilettant), voire en simulant une copulation avec lui, Obama a accepté de partager son avion avec Hillary, il a rendu hommage à son travail, avant de l’embrasser publiquement.

Il est allé jusqu’à porter une cravate (symbole sexuel bien connu) assortie à la couleur du tailleur pantalon bleu canard d’Hillary, histoire de mettre en scène sa proximité avec elle, conformément à l’adage populaire « qui se ressemble s’assemble ».

Il a même fait un don à Hillary, un chèque de 2 300 $. Chez les chimpanzés aussi un don peut sceller un accord important. Le "cadeau" s’inscrit toujours dans le principe de la réciprocité. Si un chimpanzé prête main forte à un autre, il attend que celui-ci l’aide en retour.

Si Obama offre un cadeau à son ex rival, en retour, il attend d’elle qu’elle lui donne un coup de main pour se débarrasser de leur rival commun, Mc Cain. Là encore, on retrouve une stratégie bien connue des chimpanzés, l’alliance de deux dominants contre un rival commun.

Mais certaines alliances peuvent finir dans le sang, en témoignent Yéroen et Nikkie, Après une période de longue fâcherie qui a permis à leur rival commun, Luit, de prendre le pouvoir, ces deux dominants chimpanzés ont décidé de se réconcilier. Pendant la nuit, ils sont allés attaquer Luit et l’ont laissé pour mort, dans une mare de sang !

Espérons que la réconciliation Obama-Clinton n’aura pas les mêmes effets !



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24 juin 2008

LA TRIBU SOCIALISTE : PLUS ELEPHANT QUE PRIMATE !

Bertrand Delanoë, Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn, Pierre Moscovici, Julien Dray, Martine Aubry et bien d’autres encore ! Qu’est-ce qui cloche chez les socialistes ? Ils ont trop de chefs et donc aucun chef véritable ! Quelles règles du jeu de l’organisation du pouvoir ont été transgressées pour parvenir à cette aberration de la nature primate, une tribu sans véritable chef ?

Chez les singes, pas de groupe sans leader. D’ailleurs, si le chef décède brutalement, il est remplacé dans les plus brefs délais, car une tribu ne peut se permettre de rester orpheline, sinon elle éclate.

Chez les chimpanzés, on a coutume d’organiser une campagne électorale. Pendant quelques jours, le candidat devra démontrer ses capacités de visionnaire (anticiper les dangers de la troupe), ses capacités à se faire aimer (prêter main forte » à sa tribu, protéger les petits…), mais aussi à imposer son autorité : savoir arbitrer les conflits internes, s’imposer face aux autres candidats en montrant qu’il n’a pas peur…

Depuis que François Mitterrand a disparu, aucun chef n’a réussi réellement à s’imposer au sein du parti socialiste. Le poste est vacant. Pas étonnant que cette tribu, en quête d’identité et aux contours flous n’ait jamais réussi depuis, à ravir la couronne nationale. Et se contente d’occuper les strapontins locaux. Parce que dans les territoires municipaux et régionaux, des chefs, des vrais, il y en a, on peut donc voter pour eux.

Chez les éléphants du parti socialiste, les règles primates ont donc visiblement été bafouées.

D’abord les modes de sélection des candidats n’ont pas permis de faire sortir un candidat cumulant (non pas de multiples fonctions politiques) mais les multiples qualités qui caractérisent un bon chef. Aucun candidat n’a réussi à prouver qu’il était à la fois capable de séduire et en même temps d’imposer le respect. Certains jouent uniquement sur le registre de l’autorité voire de l’intimidation (feu Jospin, Fabius, DSK… ). Quand l’un parvient à faire preuve à la fois d’autorité et de séduction comme Ségolène Royal, il lui manque la vision et surtout un bon réseau d’alliés.

C’est vrai qu’il y a comme un hic à la base : selon les règles des partis politiques, le chef du parti est à priori le mieux placé pour être président. Si François Hollande porte les habits du chef, il flotte dedans. Quand le Premier Secrétaire n’a pas la carrure de chef, cela pose un problème.

Car alors, pour parvenir au pouvoir, il faut que les candidats commencent par se débarrasser du chef « légitime ». Chez les singes, le manque de popularité et d’autorité aurait déjà signé son arrêt de mort social, mais pas chez les éléphants roses. Du coup, la route est loin d’être dégagée pour les postulants à la couronne. Il leur faut encore patienter.

Autre règle du jeu bafouée : chez les chimpanzés, quand un candidat perd « les élections », il se range le plus souvent derrière le chef élu, il peut être nommé numéro 2 ou disparaître carrément (il y en a même qui meurent).

Chez les socialistes, les candidats malheureux, parfois multirécidivistes (Fabius…) ne renoncent jamais et continuent à défier le candidat le mieux placé. Ce qui fait que le parti comptera bientôt plus de chefs potentiels que de militants !

Et surtout, visiblement les éléphants roses, n’ont toujours pas compris les vertus des coalitions de primates.

Chez les chimpanzés, on organise des alliances parfois même avec l’ennemi d’hier, dans le but d’être plus fort et de conquérir le pouvoir. Chez les socialistes, chaque prétendant à la couronne se bat seul contre tous les autres, et quand ils osent nouer une alliance, celle-ci ne résiste guère longtemps…pas même les alliances conjugales ! Si Ségolène Royal avait réussi à nouer une alliance durable avec DSK ou Fabius, peut-être que le parti aurait déjà trouvé son chef. Mais non, les éléphants mâles n’ont pas supporté d’être dirigés par une femelle, il faut dire que contrairement à certaines sociétés de singes, les partis politiques sont des organisations patriarcales !

Nos éléphants roses feraient bien de crapahuter dans les arbres avec les grands singes pour y réviser les règles élémentaires de conquête du pouvoir !

16 juin 2008

"Rachida Dati" : quand une femelle transgresse les règles du pouvoir

Rachidat-dati-dior-yves-saint-laurent Depuis quelques semaines, on assiste à une campagne en règle, contre la Ministre de la Justice, Rachida Dati. Pourtant au début du règne de Sarkozy, elle était encensée par les médias et par l’opinion et soudain c’est le désamour brutal. Au moyen âge, Rachida aurait été brûlée sur le bûcher de la vindicte populaire, comme une vulgaire sorcière. Si la critique d’un ministre est chose courante, c’est la violence de la critique qui interpelle et qui fait écho aux campagnes de haine contre d’autres femmes de pouvoir, l’ex premier ministre socialiste Edith Cresson ou encore Margareth Thatcher. Ce qui surprend aussi, c’est la nature des critiques qui portent sur la personne plus que sur sa compétence professionnelle. C’est d’ailleurs sur « Ses caprices » que l’Express titre le dossier à charge qu’il lui a consacré la semaine dernière.

Ces manifestations d’hostilité sont révélatrices de la relation des primates humains avec le pouvoir et avec les femmes de pouvoir en particulier.


Elles nous rappellent que l’homme a choisi un modèle d’organisation patriarcal contrairement à nombre de ses cousins singes qui ont préféré confier le pouvoir aux femmes de leur troupe (babouins, patas, bonobos…).

Les femmes au pouvoir se comptent donc encore sur les doigts d’une main.

Si les femelles dominantes sont tolérées, c’est à une condition, elles doivent faire oublier leur sexe. Il leur faut gommer tous les attributs de la séduction. Et là, Rachida Dati commet sa première erreur, puisqu’elle se refuse à « mimer » les mâles. Aux tailleurs pantalons stricts, elle préfère robes, bijoux et talons aiguilles. Et n’hésite pas à poser en star, dans une robe moulante super sexy pour Match. Elle exhibe ses appâts féminins, c’est impardonnable ! La magistrature ne la rate pas « Elle s’est trompée de robe » s’exclame Dominique Barella* tandis qu’un autre magistrat la traite de « Barbie ministre ».

Rachida Dati finit par reconnaître qu’elle a bafoué le sacro-saint principe primate « on ne peut pas être ministre et coquette » déclare t-elle.

Il est vrai que son style « bling bling »et son goût du luxe aggravent quelque peu son cas. Pour une femme, si exercer le pouvoir est déjà une transgression, se comporter en séductrice alourdit son casier et exhiber les signes de distinction sociale passe pour de la provocation.

Dans les sociétés de singe les plus évoluées, on n’affiche pas aussi ostensiblement « sa réussite sociale ».

Ceci étant, ses goûts vestimentaires et son style séducteur n’expliquent pas à eux seuls la disgrâce de la Ministre.

Rachida Dati a commis une autre erreur en bafouant un principe primate clef : dans les sociétés de singes matriarcales, les femmes qui dominent ne se comportent pas comme les mâles au pouvoir. Le style de gouvernement de la femelle diffère de celui du mâle. En particulier, elles ne paradent pas pour affirmer leur pouvoir. Elles ne « crient pas », ne se livrent pas à des démonstration de force ou d’agressivité et préfèrent confier à un mâle (leur second) le soin de protéger la troupe, de sanctionner les rebelles. Si le mâle ne fait pas l’affaire, elles le virent.

Chez les Patas une espèce de singe organisée autour de l’autorité des femelles, le mâle dominant demeure le chien de garde de la troupe raconte Desmond Morris. La femelle dominante délègue les démonstrations d’autorité à ses mâles subordonnés.

En d’autres termes, une femelle au pouvoir ne se comporte pas de manière agressive, brutale ou autoritaire.

Il faut croire que dans notre inconscient collectif cette règle primate est toujours à l’œuvre, si l’on tolère une femelle au pouvoir, on ne supporte pas les chefs autoritaires. La main de fer doit être recouverte d’un épais gant de velours, sinon c’est le rejet assuré par la tribu.

Autrement dit, la femme au pouvoir doit ressembler physiquement à un mâle mais se comporter en femelle.

C’est peut-être ce que Rachida Dati a quelque peu oublié. Quand elle est dans l’adversité, elle a du mal à rester la séductrice qu’elle joue si bien sur les podiums et devant les projecteurs… Elle sort un peu trop vite les crocs. Crises d’autorité face aux subordonnés de son cabinet, accès de colère devant des journalistes ou des députés qui la critiquent… Autant de parades d’autorité qui sont l’apanage des mâles !

Heureusement qu’elle a retenu la leçon de ses cousines singes, elle sait que le vrai pouvoir pour une femelle, est d’être soutenue par le mâle dominant. Tant que Sarko la soutient, elle pourra continuer à transgresser les autres règles primates… mais au prix de sa popularité.

*Ancien président de l’Union Syndical de la magistrature

09 juin 2008

Chasteté avant le mariage : paranoïa humaine ?

L’annulation récente d’un mariage pour cause de « non virginité » et le débat qui s’en est suivi, nous rappellent que finalement, à l’instar de ses cousins singes, le problème number one du mâle humain reste la reproduction : comment optimiser sa descendance ?

Nos cousins chimpanzés ont opté pour un modèle de reproduction multiple. Ils copulent avec les femelles qui sont en oestrus (et qui affichent leurs fesses roses). Et ils n’ont cesse de gravir les échelons du pouvoir afin de bénéficier du droit de cuissage : à savoir être les premiers à copuler avec les femelles potentiellement fécondes.

Moyennant quoi le taux d’infanticide est assez élevé dans cette espèce, si le mâle n’est pas le premier à monter la femelle, il préfère souvent éliminer la progéniture.

Nos cousines Bonobos, plus futées, ont trouvé une parade, elles multiplient les partenaires, et copulent à tout va, afin qu’aucun mâle ne puisse être assuré de sa paternité. Dans le doute, le mâle préfère éviter de tuer les petits du groupe, ils pourraient être les siens !

Les humains ont opté pour un autre modèle, la relation unique durable, le couple. Ainsi le mâle est assuré de sa paternité et la femelle peut en contre-partie exiger l’assistance et la protection de son compagnon pour élever ses petits. Ce qui augmente significativement le taux de survie de sa progéniture.

Ce modèle est clairement le plus efficace, en témoigne la manière dont nous avons peuplé le monde tandis que nous cousins singes disparaissent progressivement de la carte ! En 50 ans, le nombre de chimpanzés est passé de 2 millions à 150 000 comme le rappelait encore samedi dernier la célèbre primatologue Jane Godall !

Depuis que l’homme est conscient de sa paternité, il n’a eu cesse de contrôler au maximum la sexualité de sa compagne pour éviter toute incartade : en exigeant la chasteté avant le mariage, en obligeant sa compagne à masquer tout signe de féminité voire en lui imposant le port de la ceinture de chasteté.

Ainsi, là où nos cousines pouvaient en toute innocence afficher leurs fesses gonflées roses vif pour signaler leur période d’ovulation, nombre d’entre-nous sont contraintes de dissimuler leur postérieur sous d’amples vêtements et leur bouche sous un voile sombre…

L’annulation du mariage pour cause de non virginité, nous montre que ces rituels obsessionnels des mâles humains pour contrôler leur paternité ont toujours cours au 21 ième siècle. Ce qui relègue les femmes à leur simple rôle de reproductrice.

Au final, on peut se demander si les femmes n’auraient pas dû opter pour le modèle Bonobos qui consiste à multiplier les partenaires. C’est à la fois plus « safe » pour elles et pour leurs petits mais aussi, peut être, plus fun aussi !

02 juin 2008

Match Sarko-Fillon : épisode 2 - Sarko reprend du poil de la bête !

Sarko-et-fillon Devant les tentatives de son numéro 2 au fort de sa popularité pour se constituer un réseau d’alliés, Nicolas Sarkozy a réagi. Fort.

Chez les chimpanzés, le chef dispose de plusieurs armes pour neutraliser un numéro 2 trop menaçant sachant qu’il ne peut l’attaquer frontalement vu sa popularité.

La première est de nommer un numéro 3. C’est ce qu’à fait Sarkozy, en profitant du remaniement ministériel pour installer Xavier Bertrand sur deux fronts stratégiques : à la Direction de l’UMP et au sein du gouvernement, histoire de pouvoir compter sur un allié fort et de neutraliser l’influence croissante de son premier ministre dans ces deux sphères du pouvoir.

La seconde arme est de briser toute coalition potentielle entre son numéro 2 et ses alliés. « Dès que Luit, le chef de la troupe de chimpanzé, voyait des mâles ensemble, soit il se joignait à eux ou soit il chargeait ostensiblement pour les disperser » F de Waal (Le singe en nous).

Sarko n’a pas agi autrement que son homologue singe.

Pour éviter toute alliance, même officieuse, entre son numéro deux et les députés, il a commencé par nommer un de ses proches à la tête du parti chargé de choyer (groomer en langage singe) « en son nom » les députés, en organisant régulièrement des déjeuners au siège de l’UMP. Dans le même souci de renforcer ses relations avec ses alliés stratégiques, Nicolas Sarkozy dirige le 9 avril le premier « Comité de Liaison » réunissant les L’UMP et ses alliés et va même jusqu’à faire voter une loi qui lui permet de discuter directement avec les députés.

Du côté des ministres, là aussi il a cherché à courcircuiter son numéro 2, en imposant désormais les « réunions du jeudi « à ses ministres et en oubliant d’y associer F Fillon. Il n’hésite pas à groomer ses ministres en les invitant avec leur compagne ou compagnon à partager le dîner du prince et de sa fée Carla. Par rapport à sa tribu, il réapparaît sur la scène médiatique plus déterminé, plus visible et combatif que jamais.

Enfin il a recours à une dernière arme, éloigner le plus possible son numéro 2 du champ du pouvoir, en l’envoyant en mission de plus en plus souvent à l’étranger. C’est plus difficile de groomer ses alliés quand on est envoyé au fin fond du Liban…

François Fillon a essayé de riposter, mais en vain. Il a bien tenté un coup de force sur ses ministres, en leur imposant une réunion dimanche 18 mai, histoire de rappeler qu’il était leur chef. C’est pas avec ce type de réaction, un poil autoritaire, qu’il parviendra à détourner les ministres du droit chemin. D’ailleurs sa cote de popularité commence à s’étioler quand celle de son rival commencerait à frémir !

Affaire à suivre, la messe n’est pas dite, au premier faux-pas de son chef, le numéro 2 sévira.

26 mai 2008

Match Sarko-Fillon : épisode 1 - Le N°2, première menace du Chef primate

510232 Chez les chimpanzés, le numéro 2 représente la première menace du chef.

Il n’est pas rare qu’un numéro 2 prenne la place du chef officiellement ou officieusement.

Trois tactiques sont possibles :

renverser le chef et prendre sa place- discréditer le chef par rapport à sa tribu, lui laisser la couronne mais tirer les ficelles- renverser le chef pour installer un allié plus facilement manipulable.

En témoigne, Nikkie, jeune chef chimpanzé arriviste qui a cru naïvement qu’il pouvait facilement se débarrasser de son numéro deux, Yéroen qui devenait à son goût, trop influent et trop gourmand en termes de privilèges. Il a vite déchanté, quand il a réalisé que son ex numéro deux se tournait vers un de ses rivaux, Dandy pour le « supporter » et l’aider à prendre le pouvoir. C’est ainsi que trahi par son numéro 2, Nikkie fut remplacé par Dandy.

Le numéro 2 dispose de deux cartes majeures pour parvenir à ses fins. Tout d’abord il fait partie du noyau dur des dominants et a des contacts permanents avec les membres influents du groupe au même titre que le chef. Il est donc en mesure de créer des coalitions susceptibles de neutraliser le chef .

Ensuite il est aux premières loges pour repérer les failles du chef et les exploiter.

Pas étonnant que notre numéro 2 national, François Fillon ait choisi de passer à l’attaque, en début d’année, alors que sa cote d’amour avait grimpé tandis que celle de notre mâle alpha Sarko était au plus bas ! Lui aussi a su repérer les failles de son chef. Au comportement bling bling, il a préféré jouer la discrétion, la sobriété et cela lui a plutôt réussi… un temps.

A l’instar de ses cousins chimpanzés, il a commencé à se chercher des alliés, au sein des députés UMP quelque peu négligés pour ne pas dire malmenés par Sarko depuis son accès au pouvoir. Il a laissé fuiter des désaccords entre Sarko et lui sur des sujets qui préoccupent les députés. Il n’a pas échappé aux parlementaires que les deux hommes s’opposaient tout à a fois sur les questions de revendication catégorielle, les régimes spéciaux, l’école, les OGM… En laissant circuler ces rumeurs de différents, le numéro 2 espérait bien se faire remarquer par certains députés et gagner leur soutien.

Il a également cherché à gagner des alliés au sein des ministres autres alliés stratégiques du chef en titre. Il n’a que timidement sermonné ceux qui avaient critiqué certaines initiatives impulsées par Nicolas Sarkozy. Il n’a d’ailleurs rien fait pour empêcher les fameux couacs du gouvernement. Il a même encouragé ses ministres, les plus proches à prendre des initiatives, telles Roselyne Bachelot avec l’annonce de la suppression de la carte famille…

Ce faisant, il pensait réaliser un coup double : déstabiliser le chef de l’état, la multiplication des Couacs ne pouvant que discréditer Nicolas Sarkozy et gagner de nouveaux alliés. Puisque son comportement laissait penser aux ministres qu’il ferait un bien meilleur chef, moins tyrannique que Sarko et plus à l’écoute de leurs aspirations.

Ce faisant il a commencé à inquiéter sérieusement son chef, qui n’a pas tardé à réagir pour réaffirmer son autorité et briser les nouvelles ambitions de son numéro 2.

Episode : Sarko-Fillon à suivre

19 mai 2008

Affaire Société Générale : Bouton s'accroche

Depuis une semaine, la Société Générale a un nouveau patron. Est-ce à dire que le règne de Daniel Bouton a pris fin ? En vertu des lois qui régissent la gouvernance primate, on peut se demander si Daniel Bouton ne demeure pas, tout compte fait, le « mâle alpha » de la banque française.

Après la crise qu’a connue sa banque, Daniel Bouton pouvait difficilement espérer rester à la tête de l’institution.

Démissionner représentait le pire scénario. La démission aurait été perçue comme une reconnaissance de sa culpabilité dans cette triste affaire.

Il a préféré réorganiser l'organisation du pouvoir  la « gouvernance » de la Société Générale.

Désormais c’est un tandem qui dirigera la banque, Frédéric Oudéa prend la Direction Générale tandis-que Daniel Bouton demeure Président du Conseil d’Administration.

En apparence, cette organisation présente tous les traits de la modernité. Mais en la regardant de plus près, il semblerait que D Bouton ait eu recours à une stratégie ancestrale, souvent utilisée chez les vieux chimpanzés pour conserver le pouvoir.

  

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