19 novembre 2008

LA CRISE, A QUI LA FAUTE ? AUX MÂLES BIEN SUR !

Sais-tu pourquoi la BNP n’a pas fait les mêmes conneries que les autres banques ? Parce - qu’elle emploie une majorité de femmes et 40% des cadres sont femmes. Or les femmes ont une vision plus long terme, plus prudente, si tu veux un bon banquier prends une banquière !!!
Cet ami qui travaille dans une grande banque du CAC 40, montre que même chez les mâles, on est capable d’éclairs de lucidité ! Car il est vrai qu’on est en droit de s’interroger sur le danger de laisser le pouvoir dans les seules mains des mâles dominants.

Les femelles singes ont une aversion aux risques plus forte que les mâles. Comme je rappelai dans un précédent billet,elles ont pour souci numéro 1 d’assurer la protection de leur progéniture. L’ivresse du pouvoir, elles y goûtent aussi, mais uniquement avant d’être mères. A leur première enfant, elles rangent leurs ambitions au placard et évitent de participer aux jeux du pouvoir à haut risque.

Quand elles se mobilisent, c’est le plus souvent pour le bien être du groupe, éviter que les rivalités entre mâles dominants n’affaiblissent la troupe face aux prédateurs qui rôdent…ou pour se débarrasser d’un mâle dominant trop tyrannique !

Pas étonnant alors que la crise soit apparue dans des tribus humaines faisant partie des rares fiefs masculins qui subsistent encore : le monde des traders, brokers.

Il faut croire que les mâles humains n’ont guère progressé par rapport à leurs homologues singes. Quand les mâles chimpanzés s’aventurent dans de nouveaux territoires dans l’espoir d’y trouver des arbres à baie en profusion, les mâles humains s’aventurent dans les produits dérivés dans l’espoir de faire fructifier leurs fonds… Quand les mâles chimpanzés testent leur adresse, leur courage en simulant des combats avec des branches, des pierres, dans l’espoir de gagner en popularité et en puissance, nos mâles humains s’affrontent sur le terrain financier : c’est à celui qui réalisera le plus gros coup.

La morale de l’histoire est claire. Pour qu’une tribu fonctionne bien, dans la durée, elle doit être composée de manière équilibrée de femelles et de mâles. C’est en tout cas la conclusion du professeur Lynda Gratton à la London Business School 1 qui considère que les équipes parfaitement équilibrées du point de vue du sexe sont les plus performantes. L’idéal étant la répartition 50 /50. Une étude de l’Ecole Supérieure de Commerce de Nice-Sophia Antipolis explique que les entreprises du Cac 40 dans lesquelles le taux de féminisation notamment dans l’encadrement est le plus fort ont moins plongé en Bourse que les autres 2. Ce n’est peut-être pas un hasard, si l’Islande, pays qui est confronté à une situation de faillite nationale vient de nommer deux femmes pour reconstruire son système financier.

Le mot de la fin appartient à un membre du gouvernement islandais « it’s typical, the men make the mess and the women come in to clean it up ».

Je laisse le soin à mes mâles lecteurs de commenter ce billet, et vais de ce pas, non pas ouvrir mon parachute, mais mon parapluie, il pourrait me servir !

1 Financial Times 18 octobre 2008, page 8 « Crisis Gives Women a shot at top corporate jobs »

2 Figaro, Réussir, 20 octobre P 2

05 novembre 2008

OBAMA/MC CAIN : LA VICTOIRE DU CHIMPANZÉ SUR LE GORILLE

Contrairement aux apparences, cette élection était écrite. Barack Obama selon les règles en vigueur dans notre monde primate, présentait un bien meilleur profil de chef que son rival John Mc Cain.

A commencer par ses traits physiques. La carrure d’un chef singe se doit d’être forte, solide pour dégager une certaine autorité et rassurer la tribu. La voix d’Obama, quant à elle, n’a rien à envier à son cousin chef singe qui se distingue par « son cri » puissant. Elle a certainement contribué à sa crédibilité en tant que chef. Au delà des attributs physiques, Barack Obama satisfait les exigences primates par ses qualités, sa personnalité. En particulier la qualité numéro 1 du chef primate, à savoir le courage, l’audace. Nos cousins singes candidats au pouvoir doivent démontrer qu’ils n’ont pas peur de repousser les léopards ou les tribus voisines qui menacent la tribu.

Celui qui a choisi comme slogan « yes we can », s’est imposé clairement comme le candidat de l’audace, celui qui n’ a pas peur de s’attaquer aux tabous, aux sujets qui fâchent l’Amérique comme le racisme, l’écologie, l’Irak, la régulation économique…

Mc Cain lui aussi satisfait les exigences de base des primates pour pouvoir revendiquer le pouvoir. Son passé militaire, lui permet d’être crédible en tant que chef. Mais s’il dispose aussi d’une certaine carrure et d’une voix qui en impose, son âge l’affaiblit. La voix est moins assurée, la taille plus modeste et la silhouette plus fatiguée…et l’audace est une qualité chez lui qui se conjugue davantage au passé qu’au présent. Il n’a pas convaincu sur sa détermination à s’attaquer aux maux de l’Amérique.

Mais là où Barack Obama creuse le plus l’écart avec son rival, c’est quand il se positionne en super chef chimpanzé quand son rival fait plutôt figure d’un chef gorille.

Mc Cain a les tempes grisonnantes comme son cousin chef gorille a le dos argenté. Il est aussi plus à l’aise dans les petits groupes que dans les grands rassemblements, il a du mal à contenir ses coups de gueule et s’est montré plus agressif que son rival pendant la campagne. Il semble plus habile dans les combats physiques, les corps à corps que dans les joutes verbales. Tout comme le chef gorille s’impose plus par sa force physique que par ses aptitudes sociales.

B Obama se comporte plus en chimpanzé. D’abord il est jeune. Il n’y a guère que les chimpanzés qui puissent porter au pouvoir un jeune chef, sous réserve que celui-ci soit secondé par un membre nettement plus âgé. B Obama a respecté cette règle chimpanzé en choisissant pour colistier un ancien.

De plus B Obama a démontré qu’il était le plus populaire, condition sine qua non pour pouvoir revendiquer la place de chef chez les chimpanzés. Un chef chimpanzé doit prouver qu’il est le meilleur en grooming. Cette activité sociale consiste à caresser, épouiller, chatouiller, enlacer les membres de sa tribu afin d’accroître le plus possible sa popularité. Dans le monde chimpanzé, c’est par l’habilité sociale que les chefs s’imposent. B Obama a réussi à « caresser dans le sens du poil » la majorité de sa communauté, depuis l’intelligentia, les médias, en passant par la middle class, les minorités ethniques et les jeunes. Il a utilisé tous les moyens de communication humains les plus modernes en particulier internet pour délivrer ses messages d’espoir à chaque tribu.. Il a su déployer sa séduction pour rallier les suffrages féminins, qui sont souvent décisifs dans l’élection des chefs chimpanzés.

Et surtout il s’est clairement imposé par son intelligence. Sa capacité à s’adapter à la situation, en adaptant par exemple son discours dès qu’il a pris la mesure de la crise économique, en parvenant à déjouer les coups bas de ses adversaires.. Là encore, chez les chimpanzés, l’intelligence est une qualité très recommandée pour accéder au pouvoir.

L’élection de Barack Obama marque un pas décisif dans notre histoire de primates

Le jeune président se permet de transgresser une règle en cours chez les singes parmi les plus évolués, les chimpanzés.

Chez eux, il est difficile pour ne pas dire impossible pour un membre d’une famille de « subordonnés » dominés d’accéder au pouvoir. En tant que noir, B Obama faisait partie d’une minorité ethnique et donc des membres dominés de la communauté. On comprend mieux pourquoi il incarne avec une telle force l’espoir pour autant d’humains sur cette planète. Son rêve et celui qu’il a voulu faire partager, c’est celui de la transgression de la condition sociale.


20 octobre 2008

DSK : ENCORE UN MÂLE DOMINANT PRIS EN FLAGRANT DÉLIT DE SEXE !

142563 C’est étonnant, ce qui choque l’opinion, ce n’est pas que Dominique Strauss-Kahn ait pu avoir une relation intime avec une femme alors qu’il était marié mais qu’il ait peut-être abusé de son pouvoir pour obtenir des faveurs de la part de sa maîtresse. Même aux USA, pays réputé « pudibond », on s’offusque moins de l’infidélité du patron du FMI que du mensonge. C’est pourquoi DSK a reconnu si vite sa liaison.

Il faut croire que nos vieux réflexes primates sont en jeu. C’est vrai que nous sommes quasiment les seuls primates anthropoïdes monogames. Et visiblement, c’est difficile, en témoignent de fréquentes entorses à ce modèle de monogamie ! Mais ce qui surprend davantage, c’est la tolérance dont l’opinion fait preuve à l’égard de ses dominants infidèles. En général, faute avouée vaut pardon. Les coupables échappent même parfois aux critiques de leurs meilleurs ennemis. C’est le cas de DSK qui semble plutôt épargné tant par ses ennemis du parti socialiste que de l’opposition. Réaction noble de leur part ou tout simplement sentiment de culpabilité partagé ?

En fait cette relative tolérance, cette ouverture d’esprit serait dans la nature primate.

Il faut savoir que pour un chef singe, il convient de s’afficher avec les femelles les plus sexy de la troupe. Cela fait partie des privilèges du dominant, d’avoir un accès prioritaire aux femelles du groupe. Bien plus encore, chez les chimpanzés, un dominant peut perdre sa couronne, quand ses femelles le lâchent. En se détournant de lui pour lui préférer un rival, elles lui font perdre la face et le condamnent, tout au moins au plan social. Dans notre inconscient collectif, il semblerait que le pouvoir continue à se conjuguer avec le sexe. Pas étonnant alors que nos ne soyons pas plus choqués que cela par les aventures sentimentales de nos dirigeants.

On peut aussi se demander si le cerveau de nos hommes de pouvoir ne porterait pas encore l’empreinte de cette peur primate, de se retrouver tout seul, lâché par le sexe opposé. D’où cette propension à courir après les plus belles femelles dès qu’ils accèdent au pouvoir.

Chercheraient-ils à constituer leur réserve de femelles, au cas où ?

15 octobre 2008

Affaire Marina Petrella : Quand Carla Bruni Sarkozy fait perdre la face à son « amoureux » ?

En pesant dans la décision de Nicolas Sarkozy de ne plus extrader Marina Petrella, Carla Bruni Sarkozy aurait-elle commis son premier faux pas en tant que première dame ? Si l’on en croit la polémique, il semblerait que son comportement dans cette affaire ait choqué quelque peu notre inconscient collectif.

Il est vrai qu’elle s’est affranchie de certaines règles du jeu du pouvoir chez les singes.

Les femelles singes influencent les mâles dominants

Le fait que Carla Bruni ait influencé son mari, n’est pas en soi un acte transgressif. En effet, chez les singes, la femelle préférée du dominant n’hésite pas à demander à son chef de harceler telle rivale ou au contraire de protéger ses amies ou sa famille. Un petit signe discret de sa part, un regard suffit pour que le chef comprenne la volonté de sa femelle ; charge à lui de passer aux actes, d’attaquer, de porter secours… au regard de tous.

Pour que l’honneur du chef soit sauf, il suffit que la femelle agisse discrètement. C’est là que le bât blesse. Carla Bruni n’a pas agi dans l’intimité de l’alcôve. Elle a reconnu avoir pesé dans la décision de son mari. Sa sœur et elle ont alerté et sensibilisé le chef de l’état pendant plusieurs mois sur le sujet. C’est ce que le lecteur comprend en lisant l’interview de Carla Bruni dans Libération. Et surtout elle a annoncé la décision elle- même à l’intéressée, Marina Petrella. Donc c’est elle qui au final obtient le bénéfice de cette décision.

Elle vole la vedette à son mari, qui apparaît sous les traits d’une marionnette versatile, sous influence.

C’est d’autant plus regrettable que cette épisode s’inscrit dans un contexte de crise. En période de pénurie alimentaire ou face à des prédateurs redoutables, le chef primate doit se montrer fort, courageux, déterminé. Et surtout pas versatile, il doit tenir ses engagements. La crise économique pose un problème de confiance. Si le chef perd sa crédibilité, alors c’est la confiance qui est menacée. C’est pourquoi cette affaire Carla-Marina prend une dimension symbolique.

Est-ce à dire que les épouses de chef sont condamnées à jouer leur partition de « potiche de luxe » ?

Certes non. Chez les singes, les femelles préférées des dominantes jouent un rôle essentiel au sein de la tribu, notamment pour préserver la paix sociale. En tant que femelles, elles ont pour souci numéro 1 d’assureur la protection de leurs enfants. Sachant que les conflits internes représentent des périodes à haut risque pour les femelles et leurs enfants, elles ont tendance à prêcher la tolérance, la clémence et la réconciliation. Pas étonnant que les Premières Dames s’engagent volontiers sur le terrain de l’humanitaire.Le hic, c’est que les frontières entre l’humanitaire et l’action politique sont plutôt floues. En amenant le président à revenir sur ses engagements vis à vis du gouvernement italien et ce pour la cause d’une ex terroriste, Carla Bruni s’inscrit plus dans l’action politique que dans l’engagement humanitaire. Il n’est pas étonnant que certains s’interrogent sur la légitimité de son intervention. Après tout, les chimpanzés ne sont pas les seuls à élire démocratiquement leur chef, nous aussi nous votons pour un chef, et n’acceptons pas volontiers que celui-ci délègue ses décisions à ses proches. Ceci étant, le rôle de première dame n’est pas une mission aisée, elle est encore en phase d’apprentissage, faisons confiance à Carla Bruni pour apprendre à distinguer ce qui relève de son territoire de celui de son mari.



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07 octobre 2008

Quand Laurence Parisot rappelle les règles du jeu du pouvoir chez les chimpanzés !

Coup de théâtre, hier matin, la patronne des patrons, Laurence Parisot a tapé du poing pour fixer les nouvelles règles du jeu de rétribution des dirigeants. Son code de gouvernance interdit notamment les « parachutes dorés » qui permettaient aux dirigeants de poursuivre leur route sans perdre une plume, en cas de chute de leur groupe. Quelques jours avant notre président Nicolas Sarkozy s’était lui aussi insurgé contre le comportement irresponsable et abusif de certains patrons. Ces coups de gueule pour imposer un nouveau code de conduite plus acceptable annoncent-t-il une réelle avancée de notre civilisation humaine aspirant toujours plus à l’égalité entre ses membres ? Pas sûr !
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On se contente de redécouvrir des règles du jeu primates qui ont été quelque peu bafouées chez les humains.

Tout d’abord chez les singes, les chefs doivent mériter leurs privilèges. Pour avoir un accès prioritaire aux femelles, aux ressources alimentaires, et aux places à l’ombre… ils doivent se comporter en chef et en particulier démontrer leur capacité de courage et de prise de risque. Selon la primatologue Jane Goodall, un chef chimpanzé est d’abord un singe curieux et courageux. C’est au chef qu’il appartient d’explorer de nouveaux territoires, de nouvelles techniques pour s’alimenter et chasser. Ainsi, c’est le chef singe du groupe qui a testé un mécanisme nouveau pour se procurer des bananes qu’elle avait mis à la disposition du groupe. Le statut de chef est risqué, parce-que certaines de ses missions sont périlleuses notamment dans la défense de la tribu face aux prédateurs. Mais aussi parce que la position de chef est très convoitée, certains membres n’hésitent pas à créer des coalitions et parfois assassiner le chef gênant ! Le taux de mortalité chez les chefs singes est plus élevé que la moyenne. C’est pourquoi, ils bénéficient de privilèges. Nos cousins, eux-aussi, ont besoin d’être motivés.

Dans l’entreprise, certains dirigeants semblent avoir oublié que leurs privilèges étaient conditionnés par un certain nombre de devoirs et que le pouvoir se conjuguait avec le risque.

S’ils jouissent volontiers d’un bureau au dernier étage, avec moquette épaisse et canapé design, d’une voiture avec chauffeur, d’une femme top model et d’un salaire conséquent, ils refusent les aléas de la vie de chef. Ils semblent allergiques à toute prise de risque à titre personnel. A peine arrivés à la tête d’une entreprise, même si celle-ci jouit d’une santé enviable, ils négocient leur sortie, leur fameux parachute qui leur permettra de conserver leur train de vie quelle que soit l’évolution de l’entreprise y compris si celle-ci péréclite…

Autre règle du monde primate avec laquelle nous sommes en rupture :

plus les primates sont évolués, moins l’écart entre le train de vie des chefs et des subordonnés est grand.

Chez les macaques, la vie des subordonnées est rude. Les dominants s’accaparent toutes les ressources du groupe, femelles, nourriture. Et qu’un subordonné s’avise à les défier, c’est sa vie qui est en jeu.

Chez les chimpanzés, les dominants exercent surtout leur droit de priorité à la nourriture, en période de pénurie. Et même dans ce cas, ils se serrent un peu la ceinture, en solidarité avec leurs subordonnées. Ils ne peuvent pas s’accaparer toutes les richesses de la tribu. Ainsi ils ne s’approprient pas toutes les baies cueillies par un subalterne ; ils n’en prélèvent qu’une partie. Ils ne peuvent pas non plus revendiquer le bébé babouin chassé par un subordonné, celui-ci pourra déguster son trophée en toute quiétude. Moyennant quoi la mortalité chez les subordonnés chimpanzés est plus faible que chez les macaques.

Dans l’entreprise, il semblerait que certains chefs se conduisent en vrais macaques, puisque l’écart de train de vie entre les salariés et leurs dirigeants est très important et qu’il se creuse en situation de crise. Dans ces périodes difficiles, le chef atterrit en douceur avec son parachute alors que ses salariés prennent le choc de plein fouet.

Est-ce qu’un code de bonne conduite suffira à réduire l’injustice sociale ? Ou est-ce que celui-ci sera contourné comme c’est souvent le cas chez les humains ?

25 septembre 2008

Un sommet mondial des chefs pour faire face à la crise ?

Dans ces périodes troubles, de crise financière pour ne pas dire économique, il semblerait que nos vieux réflexes primates reprennent du poil de la bête. Face à l’adversité, le mot d’ordre est « sauve qui peut ». La crise semble creuser un peu plus l’écart entre les subordonnés et les dominants des tribus humaines.

En situation de pénurie alimentaire, dans le cas par exemple d’une longue sécheresse, tous nos cousins singes ne sont pas non plus logés à la même enseigne. En fait très clairement ce sont les subordonnées qui évoluent en périphérie de la tribu, les banlieusards primates en quelque sorte, qui sont les premières victimes de la pénurie. Le taux de mortalité y est nettement plus élevé que chez les dominants.

Pas étonnant, quand on sait que les dominants ont un accès prioritaire aux ressources et qu’en période de pénurie les subordonnées doivent se contenter de mauvaises racines… L’injustice sociale apparaît alors de manière très visible, d’un côté sous les traits de singes dodus et de l’autre d’individus dont on ne voit plus que les os.

Visiblement nous ne faisons guère mieux que les singes.

La crise a mis en lumière le phénomène des « ultra riches » qui se propage sur notre planète surtout du côté de la Chine, de l’Inde et la Russie. Tandis que les classes moyennes se serrent la ceinture en assistant impuissantes à la cure de minceur de leurs aliments préférés (cf la contenance des pots de yaourt et des boîtes de biscuits qui ne cesse de diminuer !) et  à la fonte de leur cagnotte.

Mais chez les singes, l’espoir n’est jamais loin. Ils peuvent compter sur leur chef pour trouver des solutions à la pénurie. C’est le chef qui doit conduire la tribu sur d’autres terres, plus fécondes, en veillant à ne pas tomber dans les griffes des prédateurs qui guettent la troupe affaiblie. Et qu’un chef reste inerte face à la crise, il ne pourra conserver son trône longtemps. La troupe le remerciera et se choisira un chef plus réactif et plus audacieux.

Chez les hommes, on peut se demander si nos chefs de tribu sont à la hauteur en cette période de crise ?

C’est vrai que leur marge de manoeuvre est plus étroite que chez leurs cousins. D’abord parce que les hommes ont déjà investi toutes les terres fécondes, donc ils ne peuvent plus émigrer.

Et surtout parce que nos chefs de tribus sont bien moins influents que leurs collègues singes. Dans une économie mondialisée, leurs décisions n’ont que peu d’impact. Ce sont des « p’tits chefs » désormais et pour faire bouger les choses, encore faudrait-il qu’ils s’entendent !

Notre chef de tribu, Nicolas Sarkozy a peut-être montré la voie, mardi dernier, en proposant à ses pairs un sommet mondial pour sortir de la crise. Espérons qu’il sera entendu.06-g8-gruppenfoto-mit-den-outreach-vertretern-o5,property=poster

10 septembre 2008

Affaire Clavier : rentrée en fanfare de notre chef primate

Images Nicolas Sarkozy a fait sa rentrée en tant que chef primate et plutôt avec succès. Il a réalisé une démonstration forte d’autorité et réussi une belle parade médiatique, en monopolisant d’entrée de jeu les journaux et les ondes avec l’affaire « Dominique Rossi ». Il s’est comporté en digne héritier de ses ancêtres macaques…

 En ordonnant la mutation du chef de l’ensemble des forces de sécurité de Corse considérant que celui-ci avait failli dans sa mission, Nicolas Sarkozy a ainsi rappelé qu’il était le chef tout puissant de la tribu et qu’il avait le pouvoir de sanctionner toute brebis égarée.

On ne saurait l’en blâmer. Quand un subordonné manque à ses devoirs par rapport à sa tribu, cela justifie une sanction. Pour un chef primate, faire preuve d’une grande tolérance est en effet contraire à sa crédibilité. Mais, au lieu de mordre le fessier du chef de sécurité pour exprimer son mécontentement. Il s’est conduit en homme civilisé en déléguant le soin de destituer le coupable de ses fonctions à l’un de ses numéros 2 chargé de la sécurité, la femelle en chef, Michèle Alliot Marie.

Quelle faute a donc commis l’infidèle ? Une erreur tactique. Dans la guerre qui oppose la tribu dont il assure la sécurité, aux nationalistes corses. Il a choisi l’option la plus laxiste « le laisser faire » là où il aurait dû déclencher une procédure de guerre. C’est vrai qu’à 50 nationalistes contre 2 (le couple de gardiens de la villa de Clavier ), on pouvait craindre le pire. Et d’ailleurs le pire s’est produit, puisque les prédateurs ont franchi le territoire d’un membre de la tribu. Ils ont osé fouler de leurs pieds le jardin de la star et siroter des jus de fruits à l’ombre de ses palmiers.

Dans le monde primate, la règle est claire, transgresser les règles de territorialité relève d’un crime. En général, ces violations de propriété finissent dans un bain de sang chez les singes, en tout cas, dans les espèces les moins évoluées.

Et le crime est encore plus grave, lorsque le territoire violé appartient à un allié du chef primate.

Car symboliquement, c’est comme si les criminels s’en prenaient au chef lui même. Chez les chimpanzés, si un individu menace un membre de la famille ou du réseau d’amis du chef dominant, il peut être certain que le chef en personne réagira et viendra au secours de son proche. Là encore, c’est une règle que le chef de sécurité de la Corse aurait dû connaître.

Nicolas Sarkozy, devait donc réagir au manquement de son subordonné Dominique Rossi.

On comprend mieux que notre chef en titre et ses prédécesseurs n’aient pas toujours fait preuve de la même sévérité dans le passé pour sanctionner ces mêmes criminels. Il est vrai qu’explorer la propriété d’un proche du chef est autrement plus grave que d’exploser des bâtiments publics. Si Nicolas Sarkozy devait protéger avec autant de zèle les quelques millions de Français qui sont également confrontés à des problèmes de voisinage, c’est clair qu’un quinquennat n’y suffirait pas.

Faudra-t-il lui confier un nouveau mandat  ?



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22 juillet 2008

Affaire de pollution Tricastin-Areva : radioscopie des défaillances au plan technique et de la communication

2552895_106 L’incident survenu le 7 juillet dernier à la centrale de  Tricastin, aurait pu ne susciter que quelques brèves dans la presse compte tenu du fait qu’il a été déclaré de « niveau 1 », le plus bas niveau dans l’échelle des risques nucléaires et qu’à priori il ne pose pas de problème sanitaire.

Et pourtant , il a généré une vraie crise pour Areva, maison mère de Tricastin  comme pour le gouvernement.

 Pour Areva : puisque  le site de Tricastin doit fermer certaines installations selon une décision de l’ASN et  changer de Directeur Général. Sachant que désormais tous les sites d'Areva seront placés sous surveillance de l'opinion.

Pour le gouvernement aussi. Les acteurs anti - nucléaires se mobilisent, l’opinion s’inquiète, les autorités de contrôle du nucléaire ont perdu en crédibilité… Cette situation a conduit Jean-Louis Borloo à réagir officiellement en annononçant qu’il voulait vérifier les nappes phréatiques près des centrales nucléaires.
C’est vrai que cette affaire tombe mal à propos dans un contexte où Nicolas Sarkozy a décidé de construire un second réacteur nucléaire.

Le plus souvent, une crise est révélatrice de nombreux dysfonctionnements et non pas d’un dérapage isolé.Tricastin n’échappe pas à cette règle.

Des dysfonctionnements au plan technique et de la sûreté.

Visiblement, la centrale est confrontée à des dépassements de seuils autorisés en rejets de produits chimiques et radio actifs depuis longtemps, en tout  cas avant cet incident. Elle avait d’ailleurs reçu plusieurs avertissements de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (l’ASN) en 2007.
Et la manière de gérer au plan technique le problème d’étanchéité d’une cuve de rétention qui semble être à l’origine de la pollution du 7 juillet, confirme ces manquements.
En effet, si le problème d’étanchéité a été constaté le 2 juillet, il a fallu attendre le débordement de la cuve pour que le problème soit pris au sérieux et que le plan d’urgence soit déclenché.
Enfin, les problèmes de fuite détectés en fin de semaine dernière, dans un autre site d'Areva, dans la Drôme peuvent laisser penser que les dysfonctionnements ne se limitent pas à Tricastin.

Des maladresses de communication

Erreur 1-:  le site de Tricastin a tardé avant d’informer les autorités, les préfectures concernées et  avant de parler aux médias. Quant aux maires des communes voisines, ils n’ont été informés que le lendemain de l'incident  !
Les dirigeants du site ont donné d’entrée de jeu, l’impression qu’ils essayaient de cacher l’incident. Il semblerait qu’ils aient essentiellement communiqué par oral (notamment à l’AFP). En laissant le soin à l’ASN de diffuser plus largement un communiqué de presse.  On est loin d’une communication transparente.

Erreur 2- : le site a cherché à minimiser au maximum la pollution du 7 juillet en se contentant de le classer dans les incidents mineurs car de niveau 1. C’était sans compter la réaction de Greenpeace ou du  Criirad qui ont pointé du doigt certaines contradictions : le risque  sanitaire serait faible alors pourquoi prendre les mesures d’interdiction telles que ne plus consommer d’eau potable dans les communes environnantes ? Ils ont rappelé que Tricastin avait pris soin de ne pas révéler la quantité de  produits radio actif détectée, car celle-ci était très supérieure, selon leurs estimations, aux normes autorisées. Dès lors, l’opinion pouvait commencer à douter de la sincérité de la communication du site.

Erreur 3 -  les dirigeants de Tricastin ont considéré que l’incident pouvait être qualifié de banal, étant donné qu’il ne présentait pas de risque de nature sanitaire.
Si les conséquences au plan sanitaire semblent limitées, les conséquences sur la vie quotidienne des populations locales sont significatives. En particulier,  les agriculteurs  et les éleveurs qui ont souffert de l’interdiction d’irrigation ou de distribution d’eau aux animaux. Ou encore les habitants qui se sont rués dans les supermarchés pour acheter des litres de bouteilles minérales…
En minimisant trop l’incident et surtout ses conséquences au plan local, en n’exprimant aucun empathie, aucun regret par rapport aux difficultés provoquées par la pollution, le site de Tricastin s’est positionné en institution « froide, inhumaine, irresponsable » . Et ce d’autant qu’il n’a pas proposé d’aider les populations locales et encore moins  de prendre ses responsabilités vis à vis des éventuels dommages causés..


Erreur 4- interrogée sur le fait que le site aurait déjà été  confronté à  des incidents, la Direction de la communication de Tricastin a contesté ces accusations en affirmant « c’est la première fois qu’un tel incident se produit ». Or la encore, les faits ont contredit cette affirmation. Puisqu’il est vite apparu que l’ASN avait adressé plusieurs remarques à la Socatri en 2007. Devant ce fait avéré,  la Direction de la communication d’Areva, continue à nier tout problème « nous avons pris acte des injonctions de l’ASN »…mais l’argument ne suffit pas à convaincre, sachant que de nouvelles analyses ont fait apparaître d’autres problèmes non élucidés à ce jour, sur les nappes phréatiques voisines. En contestant, au début de l’affaire tout au moins, tout dysfonctionnement, Areva ne pouvait guère espérer être plus crédible que sa filiale.

Erreur 5- le site de Tricastin conteste l’hypothèse du Haut Comité pour la Transparence et l’Information sur la Sûreté Nucléaire (HCTISN) qui considère que des déchets militaires anciens seraient la cause de la contamination avérée de nappes phréatiques voisines. En remettant en cause l’opinion de cette autorité qui est censée être plus indépendante que l’ASN, Areva ne gagne pas non plus en crédibilité, et s’isole un peu plus.

Mais que pouvait faire Areva ?

Il ne faut pas surestimer le pouvoir de la communication. A partir du moment où il existait des défaillances techniques sérieuses, il était difficile de sortir indemne de cette affaire.

Cependant,  Areva aurait pu éviter de perdre durablement la confiance des populations locales dans le management du site  et d’alimenter la peur des Français par rapport au nucléaire en renforçant le  sentiment qu’on « leur raconte des histoires ». Elle aurait pu éviter que les dérapages de sa filiale impactent au final quelque peu sa réputation.


On pourrait penser que la tactique de communication a quand même permis d’éviter la panique au plan local.  C’était vrai à court terme, mais il semblerait que ce soit moins le cas aujourd’hui, les habitants ont peur, en témoignent les pharmacies locales confrontées à une rupture de stock des pastilles iodées (l’antidote à une exposition radio active).  Et surtout, le lien de confiance avec le site de Tricastin paraît rompu.

Entre dramatiser et minimiser une situation, il existait pourtant une position intermédiaire.
Il vaut toujours mieux se rapprocher le plus possible de la réalité. Préciser la quantité précise de radio activité détectée (comme c’est fait habituellement, car tout changement d’habitude dans la communication génère des doutes),  tout en précisant que c’est du niveau 1.

Le site de Tricastin, aurait pu au moins exprimer des excuses pour avoir causé des inquiétudes et des difficultés à la population locale et faire preuve  d’humanité voire de solidarité (en montrant comment l'aider). Tout en tenant un discours rassurant quant aux conséquences sanitaires.

Et surtout, il ne fallait pas dissimuler le fait que le site avait déjà été confronté à des difficultés.
Enfin, au lieu de laisser croire que tout était sous contrôle, qu’elle savait ce qui s’était passé et tenter de classer l’affaire, Areva aurait du reconnaître qu’elle prenait les choses au sérieux même si ce n’était qu’un incident de niveau 1 . Elle aurait pu annoncer qu’elle lançait une enquête approfondie et que des dispositions seraient prises pour que ce problème ne puisse pas se reproduire.
Cela aurait permis implicitement  de faire passer un message rassurant « Chez Areva, on prend des précautions, on ne traite rien à la légère ».
D'une manière générale en matière de crise, il vaut mieux admettre un problème et montrer comment on va le résoudre que le nier.

Certes, sous la pression médiatico-politique, Areva a pris la mesure de la crise. Sa responsable est alors montée en première ligne pour annoncer le changement de son Directeur Général et admettre qu’il pouvait y avoir  eu des manquements. Mais cela suffira-t'il pour retrouver de la crédibilité. Car désormais l’opinion doute. Et si les autres centrales étaient aussi peu fiables que celle de Tricastin ?  Si  nous étions empoisonnés depuis des années sans le savoir !
Les députés verts, les communes voisines… ont décidé de mener l’enquête voire d’engager des actions en justice contre le site de Tricastin. L’affaire est loin d’être finie.

Si Areva veut sortir la tête haute de la crise, il doit annoncer des mesures fortes pour moderniser, sécuriser ses installations et prendre des engagements pour communiquer de manière plus transparente, non seulement au niveau de la maison mère mais aussi des sites eux mêmes.


Ces incidents n'ont rien de comparables à ceux qui sont survenus aux USA (Three Mile Island) ou en Russie avec Tchernobyl, donc il ne faut pas céder à la  panique ni  remettre en cause le modèle nucléaire français. Mais il appartient aux acteurs du nucléaire de rapidement démontrer leur capacité à renforcer significativement la sûreté nucléaire et à assumer leur responsabilité.

17 juillet 2008

Ségolène Royal : une victime ne fait pas un bon chef primate !

Mais qu’est-ce qui a pu pousser Ségolène Royal à accuser Nicolas Sarkozy, son ex rival d’avoir mis son appartement à sac ?

Est-elle sur le point de « péter les plombs » comme certains le prétendent ? Pas si sûr.

Cette déclaration fait suite à une autre attaque violente, suite à la libération d’Ingrid Betancourt. Elle craignait tant que Nicolas Sarkozy se positionne en héros, qu’elle n’a pu résister au plaisir de lui contester tout rôle dans cette affaire. En fait, depuis quelques semaines, elle exprime toutes ses capacités d’agressivité, dans l’espoir de reprendre du terrain face aux enjeux du prochain congrès du parti socialiste.

Tout chef primate doit faire preuve d’agressivité. C’est une condition sine qua non du pouvoir.

C’est particulièrement vrai dans les espèces les moins évoluées. Chez les macaques rhésus, au moindre écart de conduite d’un subordonné, le chef sanctionne et n’hésite pas à mordre le rebelle alors que le chef chimpanzé est plus tolérant.

Le chef primate n’a pas peur de se battre avec d’autres groupes concurrents, des prédateurs ou des rivaux. Ses élans belliqueux font même partie des comportements qui le distinguent du reste de la troupe.

Ceci étant, un chef doit être également populaire, il doit savoir groomer et caresser dans le sens du poil les membres de sa tribu. Il doit être capable de se réconcilier avec ses anciens rivaux afin de créer de solides coalitions et augmenter ainsi son influence sur la troupe.

Or Ségolène Royal ne se montre guère sous son visage de séductrice depuis quelque temps, elle se contente de sortir les crocs. Elle se positionne en chef macaque rhésus alors que ses électeurs sont plutôt proches des chimpanzés ou des bonobos ! Elle commet donc une erreur grave en terme de marketing primate.

Mais plus grave encore, tout comme son homologue chimpanzé grimpe sur des bidons d’essence pour faire le maximum de bruit et attirer l’attention de la troupe, elle aussi a pour premier objectif d’attirer l’attention des caméras et des micros.

Il semblerait que son désir de faire du tapage médiatique l’aveugle.

Elle est persuadée qu’en se positionnant en victime, elle pourra susciter une vague de compassion qui favorisera son élection. Ainsi, pendant la campagne électorale, elle s’est positionnée en victime de la misogynie française puis en épouse trahie et abandonnée. Après les élections, on a compris qu’elle avait été victime de son propre parti. Et aujourd’hui elle est la victime de Nicolas Sarkozy.

Si elle peut espérer tirer quelques larmes à ses concitoyens, elle ne va pas les convaincre pour autant de voter pour elle.

Au contraire, même, la loi primate est claire.

Une victime n’est pas crédible en tant que chef primate. Les chefs singes n’ont pas le droit de perdre la face. Leurs subordonnés ne leur pardonnent pas facilement leur défaite. En général, ils se choisissent un autre chef car un chef faible n’est pas rassurant pour la troupe. C’est pourquoi nos cousins singes évitent d’affronter physiquement leurs rivaux de peur de perdre le combat et préfèrent recourir à des parades d’intimidation (clignement des paupières blanches chez le babouin, secouement de branches, coup de gueule..).

Ils ne doivent pas montrer de signe de faiblesse. S’ils échouent, il leur faut garder la tête haute, continuer à bomber le torse pour signifier qu’ils vont reprendre les combats. Cela, Nicolas Sarkozy l’a bien compris et visiblement pas Ségolène Royal. Et pourtant il lui faudra vite rectifier le tir et prouver qu’elle a l’étoffe d’un héros si elle veut décrocher le gros lot au prochain congrès de Reims.



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09 juillet 2008

Ingrid Betancourt est libre. Cette bonne nouvelle signe néanmoins un des échecs de Nicolas Sarkozy. Pourtant tout avait bien commencé.

Un bon chef chimpanzé se doit de secourir ses sujets en situation de détresse, il espère bien ainsi gagner en popularité.

Il va protéger un « petit » des assauts d’un jeune adulte, prendre parti pour le plus fragile dans le cas d’un conflit, venir au secours d’une femelle harcelée par une autre un peu nerveuse…

Pas étonnant que Nicolas Sarkozy se soit donc positionné, dès la campagne électorale, en super chef, autoritaire mais déterminé, courageux et toujours prompt à sauver les membres de sa troupe en danger.

Dès le début de son règne, il a appliqué la tactique du « Zorro », en envoyant son ex femme dans la tente de l’ex terroriste Kadhafi, négocier la libération des infirmières bulgares.

A chaque fois, que notre chef primate, se sent en situation de fragilité, il remonte sur son destrier pour sauver des malheureux, à l’autre bout de la planète, espérant reprendre sa place dans le cœur des Français.

Zorro est remonté sur son cheval pour sauver l’Arche de Zoé malgré le comportement ambigu de ses protégés. Des martyrs à sauver il n’y en a pas tous les jours !

Puis il a repris du collier pour faire libérer les otages du voilier « le Ponant » en Somalie.

Au nom de la transparence, le gouvernement a délivré des informations quasi quotidiennes. On a suivi cette affaire en Somalie comme on suit les épisodes de la palpitante série « 24 heures Chrono ». On a tout su du plan « pirate de mer », de la tactique choisie pour mener l’assaut, aux sentiments ressentis par les ex otages qui se sont largement exprimés à leur sortie.

Pas étonnant que Nicolas Sarkozy ait déployé pendant des mois, une énergie incroyable pour afficher sa détermination à sauver celle qu’il qualifie lui-même de « martyre » : Ingrid Betancourt.

Les discours déterminés plein d’espoir du chef de l’état alternaient avec des messages d’inquiétude et d’encouragement. Quand les discours n’occupaient pas le terrain, place à l’image : gros plans sur l’avion et l’équipe médicale puis sur les émissaires envoyés en mission, sur place, par notre chef national.

Le peuple français s’est mobilisé tout entier derrière le visage d’Ingrid oubliant momentanément ses pommes de discordes

Il offrait le visage d’une France réconciliée, avec Carla Bruni marchant au même pas que Bertrand Delanoé dans les manifestations pour la libération d’Ingrid Betancourt. Histoire de nous faire oublier les descentes dans la rue des lycéens, des pêcheurs, des fonctionnaires ?

En tout cas, cette affaire a occupé une place de choix dans les grands journaux pendant des mois. Ce qui est déjà un motif de satisfaction pour le gouvernement. Mais c’est peut-être le seul, en ce qui concerne cette affaire.

En effet, compte tenu des limites de leur langage verbal, nos cousins singes jugent leurs chefs sur leurs actes et non pas sur leur discours.

Un chef chimpanzé renforcera son pouvoir seulement s’il réussit à protéger ses membres et non pas sur la promesse de les sauver.

Nous aussi, en bons citoyens primates, nous jugeons nos dominants sur leurs actes et leurs résultats.

Or sur ce terrain-là, notre président n’a pas fait ses preuves.

Il ne peut pas décemment se positionner en sauveur. Il l’a bien compris et s’est bien gardé de jouer la carte du triomphalisme. Il s’est contenté d’offrir aux caméras, l’image d’un président réjoui par la bonne nouvelle, aux côtés de la famille d’Ingrid Betancourt.

Cette tactique de montrer par l’image ce qu’il ne pouvait pas dire (j’ai participé à la libération) a ses limites. Il ne suffit pas d’être le maître de cérémonie des festivités post-libération pour pouvoir revendiquer le statut de « sauveur ».

Cela ne suffit pas à faire taire les mauvaises langues qui prétendent que le Président colombien a même volontairement caché cette opération à son homologue français pour éviter qu’il ne compromette, par de nouvelles maladresses, le dénouement heureux !


Nicolas Sarkozy devra-il rapidement trouver une nouvelle victime à sauver pour redorer son blason,
sera-il obligé de passer une petite annonce « cherche personne en détresse » ? Espérons que non !

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